Mon préféré pour voyager léger.

Vous vous souvenez de mon défi du mois de mars. Vivre uniquement dans les vêtements versatiles Mon préféré. Neuf pièces transformables au total (un foulard, une tunique duveteuse, une robe blanche, une tunique style kimono, un leggings noir, un une pièce noire, un chandail noir, une jupe réversible et une camisole réversible. Les vêtements Mon préféré répondent à mes critères les plus élevés. Ils sont designs, transformables, dessinés et fabriqués au Québec dans des tissus biologiques. Difficile de faire mieux ou plus. Maintenant, pourquoi j’ai eu envie de faire ce défi et pourquoi j’en parle dans le présent blogue.

1 : Pour moi la mode des créateurs, fait avec soin dans des valeurs de développement durable, de consommation locale, relève de la culture. Plusieurs artisans ont une démarche de création et leur pratique peut s’approcher des Métiers d’arts.

2 : Je voulais voyager avec le moins de vêtements possible afin de faciliter mes déplacements et réduire mes coûts en n’ayant pas à débourser pour des extra bagages.

Dans ce fameux mois de mars, je me suis rendue pendant 15 jours à Berlin, Copenhague, Hambourg et Oslo. J’ai aussi eu plusieurs rencontres avec des partenaires du Conseil, j’ai même donné une entrevue à la télé de Radio-Canada. Donc, est-ce que j’ai réussi!

Presque! Comme je possédais la collection de printemps de la marque, j’ai dû ajouter un chandail col roulé noir pour un peu plus de chaleur et une longue camisole/robe noire que je glisse souvent sous mes vêtements comme couche de base. Donc je repose la question, est-ce que j’ai réussi? Oui!!! Je porte encore les vêtements tous les jours, je n’ai plus envie de les quitter. C’est si simple de les agencer et de créer des ensembles différents à l’infini et pour toutes les occasions. Mon seul regret est de ne pas m’être procuré le t-shirt blanc de la marque…Je vais pallier à cette bévue terrible dès que possible.

Un peu de mathématique

La jupe = jupe noire, jupe rayée, robe soleil noir, robe soleil rayée

La camisole = camisole noire, camisole rayée

La robe = Robe attachée devant, robe attachée derrière, petite veste

Le kimono = un kimono, une jupe, une veste

La tunique duveteuse

Le foulard duveteux =Un foulard noir, un foulard beige, une jupe noire, une jupe beige

Le legging noir

Le chandail noir à manche ¾

Le one-piece = Un one-piece noir sous le genou, un pantalon large long.

Total : 9 vêtements = 21 vêtements (c’est fou!!!!)

Tout est si confortable et les tissus si doux qu’ils sont un peu trop difficiles de les enlever le soir venu. Il m’arrive même de dormir dans certains morceaux. Je vous laisse donc avec un diaporama de mes différents ensembles. Un gros merci à toi Nathalie Chenel de faire un travail si magnifique et essentiel!

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Le spectre d’Hubert Aquin et Oslo initiatique

Mon voyage vers Oslo (un peu sur un coup de tête, puisque je devais initialement passer une semaine à Hambourg chez futur mari de meilleure amie) avait aussi un petit quelque chose du pèlerinage.

Je traîne avec moi un mémoire de maîtrise inachevé sur Neige noire d’Hubert Aquin, auteur que je trouve fort méconnu au Québec. D’ailleurs, je vous suggère le visionnement du documentaire Deux épisodes dans la vie d’Hubert Aquin, disponible sur le site de l’ONF, pour le découvrir. Son livre le plus connu est Prochain épisode, mais celui qui ma renversée est Neige noire. Ce roman raconte l’histoire de Nicolas (scénariste), de son amour torturé pour Sylvie, de leur voyage en Norvège et du scénario qui s’écrit en simultané de notre lecture. Je pourrais évidemment vous en parler sur des centaines de pages (genre l’équivalent d’un mémoire pas fini), mais je dirai que ce roman a véritablement bouleversé quelque chose dans ma vie, dans mon processus de création et dans ma démarche artistique en tant qu’auteure/scénariste.

Donc une grande portion du roman se déroule en Norvège et cette destination a toujours été au top de ma liste. Pas parce qu’Aquin y plante le décor d’une histoire tordue (loin de là), mais comme un lieu presque mythique! Aussi un peu pour me prouver que je suis capable d’aller aussi loin que je veux (du moins géographiquement parlant). J’ai donc vraiment eu une forte émotion en apercevant la Norvège du hublot de ma chambre sur le DFDS.

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« La mer de Barents ressemble à un champ de coton dont les fleurs, en l’espace de quelques milles marins, se mettent à éclore de partout et en même temps. Neige noire, Aquin »

 Il vaut vraiment la peine de choisir une chambre cabine avec vue sur l’eau, économiser sur autre chose, mais pas là-dessus. Ma fille était plutôt déçue en apercevant les téléviseurs des chambres sans vue sur la mer, mais bon…

En arrivant à Oslo, l’architecture de l’Opéra frappe l’œil et aiguise la curiosité. L’architecture a été pensée pour qu’on puisse y grimper.

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On peut littéralement déambuler sur le toit. Chose qui, contrairement à la vue de notre cabine, à fortement impressionnée fillette.

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Les inclinaisons dans la surface de marbre du toit de la structure sont l’œuvre des artistes norvégiens Kristian Blystad, Kalle Grude et Jorunn Sannes. Les garde-corps minimalistes s’intègrent pour ne pas polluer le visuel de l’expérience.

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Ce type de bâtiment ne serait probablement même pas aux « normes » québécoises. Les Norvégiens, de même que les Danois et les Allemands, font visiblement plus confiance à l’intelligence humaine que nous.

L’opéra qui est tout juste aux abords du fjord dévoile à la fois la vastitude marine et ses cygnes glissant paisiblement sur l’eau, mais est aussi à quelques pas du centre-ville.

Ma visite d’Oslo fut définitivement trop brève, j’ai fait quelques pas près de la forteresse d’Akershus dont la construction s’est échelonnée de 1299 jusque dans le courant du XIVème siècle.

J’ai aussi eu le temps de manger un smorrebrod dans un café et de dénicher le manteau avec les plus grandes poches possibles pour pouvoir stocker ce qui ne rentrait pas dans mon micro bagage de cabine de compagnie aérienne low-cost. Bref j’y retournerai sans l’ombre d’un doute

Le plus étrange, c’est qu’à mon retour, par le plus grand des hasards, puisque je suis complètement nulle avec les dates, j’apprenais que le 15 mars était la date anniversaire de la mort d’Aquin. Il y a quarante ans très exactement, il s’était enlevé la vie. Moi … exactement 40 ans plus tard, à l’instar de Sylvie et Nicolas, je voguais vers la Norvège…