Berlin cool partie 3 : Neukölln

Neukölln, quartier résolument cosmopolite de Berlin (160 nationalités y cohabitent) fût mon port d’attache d’un jour en terre allemande. Ça vous dit vaguement quelque chose? Peut-être êtes-vous fan de Bowie car c’est ce quartier qui lui inspirera la chanson NeuKöln sur son album Heroes (1977). C’est seulement en 1920 (lors de la création du Grand Berlin) que cette région fût annexée à la capitale puisque jusqu’alors, c’était une ville totalement indépendante.

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Après Friedrichshain et Kreuzberg, c’est Neukölln qui se voit devenir la proie de la gentrification. De quartier populaire, il passe à repère hipster. La gentrification a toujours soulevé les passions, et ce dans toutes les grandes villes du monde. D’un côté les locaux voient le prix des loyers exploser, les dépanneurs et cantines laisser la place aux boutiques de niche et cafés de spécialité. De l’autre côté, les nouveaux arrivants y voient un cadre de vie idéal, des loyers moins chers que dans les quartiers déjà embourgeoisés et un univers infini de possible.

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Est-ce que l’embourgeoisement urbain est unilatéralement négatif? Pas si la mixité est encadrée par une surveillance de la hausse des loyers et l’investissement dans les logements sociaux. Est-ce que NeuKölln a réussi le pari d’unir les classes? Bonne question.

Entre 2007 et 2010 les prix des loyers ont grimpé de 23% dans le quartier. Au même moment est créé le Hipster Antifa NeuKölln, un groupe de résistance pour tenter d’ouvrir le dialogue entre communautés locales et nouveaux arrivants.

Particulièrement sensible à ces questions, je garde toujours l’œil ouvert quand je visite un quartier. J’aime voir si les classes cohabitent, si l’institution de quartier réussit à cohabiter avec l’antiquaire à moustache et à grosses lunettes.

Berlin a adopté une loi pour amoindrir les effets de l’embourgeoisement des quartiers. Dans les zones protégées de NeuKölln, les propriétaires ne peuvent pas fusionner deux appartements pour en faire un grand loft, ils ne peuvent pas non plus rénover les cuisines et les salles de bain de manière trop luxueuse ou encore louer leurs appartements de manière saisonnière à des touristes. Cette loi « milieuschutz » se traduit par le désir de protéger l’environnement social.

Pendant ma brève visite, j’ai en effet pu remarquer que repères hipster côtoient commerces plus modestes. Je me suis sentie comme dans tous les quartiers qui vivent les balbutiements d’une gentrification dans une espèce d’entre-deux tendu.

J’ai posé mes valises dans le plutôt cool Hüttenpalast (difficile de faire plus hipster). En 2008, un groupe d’amis transforme une usine désaffectée en hôtel en y installant des caravanes.

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L’univers industriel et la décoration brocante composent un mix très intéressant. Le service est super et bien que l’endroit grimpe en popularité les prix sont plus qu’abordables (j’ai payé 60 euros).

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Ma fille, pas trop certaine au début, a finalement élu le lieu « plus cool hôtel de Berlin ». De mon côté, j’ai trouvé que l’expérience en valait la chandelle. Par contre, il faut se sentir ouvert à des installations de type auberge de jeunesse (douches communes, espaces de vie communs) et ne pas avoir le sommeil trop léger (une roulotte s’est pas tant insonorisée).

NeuKölln est définitivement un quartier à visiter (dans le respect des populations locales sivouplait) pour découvrir le Berlin moins touristique ou pour vous magasiner une robe de marié…mettons originale.

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Mon préféré pour voyager léger.

Vous vous souvenez de mon défi du mois de mars. Vivre uniquement dans les vêtements versatiles Mon préféré. Neuf pièces transformables au total (un foulard, une tunique duveteuse, une robe blanche, une tunique style kimono, un leggings noir, un une pièce noire, un chandail noir, une jupe réversible et une camisole réversible. Les vêtements Mon préféré répondent à mes critères les plus élevés. Ils sont designs, transformables, dessinés et fabriqués au Québec dans des tissus biologiques. Difficile de faire mieux ou plus. Maintenant, pourquoi j’ai eu envie de faire ce défi et pourquoi j’en parle dans le présent blogue.

1 : Pour moi la mode des créateurs, fait avec soin dans des valeurs de développement durable, de consommation locale, relève de la culture. Plusieurs artisans ont une démarche de création et leur pratique peut s’approcher des Métiers d’arts.

2 : Je voulais voyager avec le moins de vêtements possible afin de faciliter mes déplacements et réduire mes coûts en n’ayant pas à débourser pour des extra bagages.

Dans ce fameux mois de mars, je me suis rendue pendant 15 jours à Berlin, Copenhague, Hambourg et Oslo. J’ai aussi eu plusieurs rencontres avec des partenaires du Conseil, j’ai même donné une entrevue à la télé de Radio-Canada. Donc, est-ce que j’ai réussi!

Presque! Comme je possédais la collection de printemps de la marque, j’ai dû ajouter un chandail col roulé noir pour un peu plus de chaleur et une longue camisole/robe noire que je glisse souvent sous mes vêtements comme couche de base. Donc je repose la question, est-ce que j’ai réussi? Oui!!! Je porte encore les vêtements tous les jours, je n’ai plus envie de les quitter. C’est si simple de les agencer et de créer des ensembles différents à l’infini et pour toutes les occasions. Mon seul regret est de ne pas m’être procuré le t-shirt blanc de la marque…Je vais pallier à cette bévue terrible dès que possible.

Un peu de mathématique

La jupe = jupe noire, jupe rayée, robe soleil noir, robe soleil rayée

La camisole = camisole noire, camisole rayée

La robe = Robe attachée devant, robe attachée derrière, petite veste

Le kimono = un kimono, une jupe, une veste

La tunique duveteuse

Le foulard duveteux =Un foulard noir, un foulard beige, une jupe noire, une jupe beige

Le legging noir

Le chandail noir à manche ¾

Le one-piece = Un one-piece noir sous le genou, un pantalon large long.

Total : 9 vêtements = 21 vêtements (c’est fou!!!!)

Tout est si confortable et les tissus si doux qu’ils sont un peu trop difficiles de les enlever le soir venu. Il m’arrive même de dormir dans certains morceaux. Je vous laisse donc avec un diaporama de mes différents ensembles. Un gros merci à toi Nathalie Chenel de faire un travail si magnifique et essentiel!

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Berlin cool partie 2: Kreuzberg

Si mon hôtel, le Michelberger est dans Friedrichshain (j’en parle ici), il est aussi à l’orée de Kreuzberg, un autre des quartiers cool de berlin (ok après cette série sur Berlin, je bannis le mot cool du blogue pour sur utilisation. À partir de mon hôtel, pour me rendre dans Kreuzberg, on enjamber la Spree. Une fois passer de l’autre côté, vous découvrirez un quartier riche en boutiques originales, épiceries bio, magasins seconde main. C’est un quartier vivant et pas trop touristique. On sent que les gens qu’on n’y croise y habitent…entouca pour la plupart.

C’est résolument un coin hipster de Berlin ou le bio, l’usagé, le revisité, le végé et le multiculturalisme décore le paysage. Ici on trouve également du Street art, mais moins que dans Frierichsain.

On est moins dans l’aspect industriel et cru du quartier voisin. La bouffe est bonne, j’y ai mangé la meilleure nourriture indienne de ma vie chez Sadhu (non je n’ai jamais encore été en Inde), et vous pourrez facilement vous trouver une boîte pleine de pizza à emporter pour 5 euros.

Si Kreuzberge et Friedrichshain sont des coins à mettre sur votre liste, la jonction des deux est l’un des coups de cœur de mon passage à Berlin. D’un point de vue culturel, historique et patrimonial c’est extrêmement riche. C’est aussi un concentré saisissant de ce que Berlin a à offrir.

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L’East Side Gallery qui est en fait la portion la plus longue du mur encore debout sillonne cette section de la ville qui se trouve entre le pont Oberbaumbrûcke et la gare de l’Est.

Pour l’histoire

Le mur de Berlin, surnommé le mur de la honte par les Allemands de l’Ouest est officiellement appelé par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste ». Il a été construit en 1961 par la (RDA), la République démocratique allemande qui tente de mettre fin à l’exode de ses habitants vers la République fédérale d’Allemagne (RFA). Le mur sera pendant 28 ans, le symbole le plus fort d’une Europe déchiré par le rideau de fer. Avec ce mur vient 302 miradors et dispositifs d’alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et des barbelés vers le ciel. C’est en 1989, résultant d’une combinaison de manifestations, de l’affaiblissement de l’Union soviétique et de la perestroïka de Gorbatchev, que le mur sera détruit.

Si vous ne l’avez pas vu, je vous suggère fortement de voir le film Good bye Lenin. Ça raconte l’histoire d’Alex, un Berlinois de l’est qui apprend la chute du mur alors que sa mère est dans le coma. Il mettra tout en œuvre pour reconstruire autour d’elle un univers familier pour lui éviter un choc trop brutal à son réveil. Bien que le film soit une comédie, c’est plutôt instructif et c’est aussi une introduction au concept d’ostalgie qui désigne le sentiment de nostalgie face à certains éléments de la vie quotidienne préchute du mur.

Du côté est du mur, 118 artistes de 21 pays y ont réalisé des fresques. Elles ont d’ailleurs été restaurées en 2009 suite à différents actes de vandalisme. Une promenade le long de ce vestige du passé divisé de Berlin et un cours d’histoire. Plusieurs des œuvres font directement référence au côté historique du mur. Vous y trouverez le maintenant légendaire baiser de l’amitié entre Erich Honecker et Léonid Brenjnev réalisé par Dmitri Vrubel.

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Les images parlent de la séparation des Berlinois, de l’unité ensuite retrouvée, elles expriment le changement, l’espoir et ce besoin vital de liberté. Les œuvres se trouvent sur la section est du mur et son réalisé à l’aérosol et au pinceau, chose qui était possible uniquement du côté ouest avant la réunification.

Quelques conseils en vrac. Si vous avez faim, passer chez Scheers Schnitzel pour manger « évidemment des schnitzel » pour vraiment pas cher.

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Je vous conseille fortement également d’arrêter au petit kiosque rouge touristique à votre arrivée à l’aéroport pour vous procurer une Berlin Welcome Card. Elle vous permettra d’obtenir des rabais sur plusieurs lieux de Berlin et vous pourrez également circuler à votre guise dans tous les transports en commun. Demandez celle qui couvre aussi le transport entre l’aéroport et le centre-ville. En plus, vous aurez un beau guide à feuilleter dans le dit transport en commun. Finalement, il y en a plusieurs dans la ville, mais un bon vieux photomaton vintage vous fera un souvenir impérissable (et pour 2 euros) de votre passage en terre berlinoise.

PS: Psssit, mon défi Mon préféré se poursuit dans le doux et le réconfort.

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