Le Saguenay en hiver : partie 2

Le milieu de l’hébergement touristique est en grande mutation et c’est tant mieux Elle est déjà loin l’époque où cette offre se résumait aux chambres d’hôtel, aux motels ou encore aux (pas si) intimes bed and breakfast. Les voyageurs sont de plus en plus exigeants et surtout, aiment pouvoir cuisiner quelques repas sur place afin de ne pas devoir réhypothéquer leur maison pour cause de trop de dépenses restaurants. Plusieurs hybridations voient le jour pour fusionner les avantages de ces différents types d’hébergement.

Ce que propose Tricia-Jane Harvey avec le Gite Du haut des arbres, combine les avantages, l’intimité et le service d’un hôtel, aux commodités de l’auberge. Dans sa maison d’hôtes, elle offre huit chambres, dont certaines, avec une vue époustouflante sur la Rivière Saguenay. C’est véritablement la nature, à 7 minutes de Chicoutimi.

Ce qui est très bien dans ce gite touristique, c’est qu’il est possible d’utiliser la cuisine moderne, pour faire réchauffer des trucs et ensuite s’installer dans la spacieuse salle à manger. Pour un soir, post-randonnée, où l’appel du restaurant n’était pas au rendez-vous, c’était parfait. On peut ainsi profiter de la convivialité du bed and breakfast, mais dans l’intimité et la tranquillité. Tricia habitant un logement dans le gite, elle est présente au besoin, mais aussi soucieuse de laisser les invités profiter de la tranquillité des lieux.

Autre bonne surprise, le déjeuner, servi aux tables le matin, est excellent et préparé à la demande. Tout est mis en place pour fusionner l’expérience relaxante d’un séjour à l’hôtel à la convivialité du gite. C’est un lieu hautement recommandé autant l’hiver que l’été bien qu’en été vous pourrez profiter en plus, de la piscine extérieure qui bénéficie d’une magnifique vue sur les paysages saguenéens.

Autre avantage de taille, c’est la localisation du gite. On s’y sent en pleine nature tout en étant à quelques minutes de Chicoutimi. Il est donc possible de combiner les plaisirs du plein air à ceux définitivement urbains de flâner dans une librairie ou d’aller boire un chocolat chaud au restaurant/microbrulerie Café Cambio.

Alors, c’est pour quand votre prochain road-trip au Saguenay?

Le Saguenay en hiver: parti 1;

Dernièrement, j’ai eu la chance d’aller décompresser dans les Monts-Valin, au Saguenay. Je n’avais jamais eu l’occasion d’aller y faire de la randonnée. Comme nous étions tôt en saison, nous n’avons pas eu la chance de voir les fameux « fantômes » ces arbres recouverts de neige lourde, qui donne au paysage un petit quelque chose de féérique. Avantage de taille par contre, nous avons eu le sommet du Pic-de-la-Tête-de-chien pour nous tout seuls. Yé!

Ce sentier fait 8 km pour un dénivelé de 340 mètres. Ma très petite capacité cardiovasculaire m’a quelque peu causé des misères.  Je n’avais pas non plus de crampons et quelques portions du sentier étaient plutôt glissantes.  Il y a de fabuleux points de vue tout au long du parcours et on se sent petit à plusieurs reprises.  

Le soir précédent cette petite sortie hivernale s’est déroulée dans une yourte du Imago village. Nichées dans les Monts-Valin, les yourtes offrent une vue splendide sur la vallée du Mont Victor-Tremblay et sur la montagne de ski: Le Valinouët.  Mais pourquoi diable les yourtes sont si populaires? Eh bien, elles entrent définitivement dans la tendance du « glamping » c’est-à-dire le camping de luxe. Soyons honnêtes, le camping d’hiver n’est pas à la portée de tous. Non seulement il faut s’équiper, mais il faut également être dans des dispositions d’esprit particulières pour accueillir l’expérience avec bonheur. Si en plus, vous êtes du genre à avoir besoin d’aller aux toilettes 4 fois par nuit, le camping d’hiver en tente traditionnelle n’est peut-être pas l’idéal.

La yourte est un compromis intéressant puisqu’il permet de toucher un peu au plaisir de dormir en nature, en hiver. Les yourte de Imago village, sont dotées de toilettes sèches, d’électricité, de WiFi, d’un micro-onde, d’un frigo et d’un poêle à granules, ce qui augmente passablement le confort de la nuit hivernale en forêt. 

Si vous rêvez de repousser vos limites en bravant le froid dans une expérience de survie autour d’un repas lyophilisé et d’un feu, péniblement allumé avec deux bûches humides, et bien ce n’est peut-être pas ce qu’il vous faut.

Par contre, si vous avez envie de passer un bon moment au coin du poêle et d’ensuite vous endormir sous le ciel étoilé (grâce au dôme transparent qui surplombe le lit en mezzanine), vous êtes au bon endroit. 

En plus, vous pourrez même allez boire un cocktail ou une bière au bar-bistro, dans l’immense yourte d’accueil.  Lors de votre passage, vous pourrez choisir l’une ou l’autre des 5 yourtes au nom de villes des pays nordiques. Oslo fut notre refuge pour la nuit. Il y a aussi  Copenhague, Göteborg, Nuuk et Stockholm. 

Et vous, succomberez-vous à l’attrait des yourtes cette année?

Voyager pour pratiquement rien!

Je viens de partir un nouveau projet de blogue du nom de Les minimums , ça parle de décroissance, de consommer moins, d’argent, de budget. Pour vous donner une idée du contenu, voici l’un des articles que j’y ai publié qui est en lien, celui-là, avec le voyage. C’est une invitation à me suivre sur cette autre aventure si l’économie vous intéresse.

– On fait quoi demain?

– On pourrait aller manger des huîtres à Caraquet?

– Heille bonne idée!

Oui, parfois, on a des idées saugrenues. Comment mettre en œuvre pareil plan quand on n’a pas le budget de nos ambitions?

Voyager n’a pas à être cher, tout est une question de choix.

Projet : Voyage d’un peu plus de 400 km (800 aller retour) vers Caraquet

But : Manger des huîtres

Durée : 48 heures

Budget : Le moins possible

SE DÉPLACER

L’un des premiers choix que j’ai faits vers un mode de vie plus économe, c’est d’avoir troqué ma voiture à essence pour une hybride. J’entends déjà les hauts cris de la foule en liesse qui s’insurge sur mes choix de riche. J’ai acheté un hybride rechargeable usagée qui m’a coûté 16 000 $, c’est-à-dire, moins cher que ma précédente Kia Soul (qui a eu une fin de vie tragique dans un carambolage hivernal). À cela, il faut ajouter que je peux passer des mois sans faire le plein d’essence. Ses 38 km, de complète autonomie, sont suffisants à mes déplacements urbains. Le système de freinage des voitures électriques use les pneus moins rapidement et je n’ai plus qu’un seul changement d’huile à faire par année. Sérieusement, une fois qu’on y a goûté, impossible de revenir en arrière.

Si nous étions moins du style « road trip, sur un coup de tête » nous aurions mis notre départ sur Amigo Express question d’embarquer quelques covoitureurs et ainsi financer entièrement le déplacement.

SE LOGER

Arrivée à destination de Caraquet, vient la question la plus coûteuse de tout le voyage, l’hébergement. Dans ce cas-ci, bien que cette aventure relevait du coup de tête, j’avais quand même eu la chance de trouver un Airbnb abordable, disponible la veille du départ. Affichée à 92$, j’avais un crédit de 60$ sur l’application puisque j’ai recommandé quelques personnes. Voici un lien que vous pouvez utilisez pour vous abonner et vous obtiendrez des crédits sur votre première location.

Total : en dépense réelle de 32$ pour une suite avec salle de bain individuelle. Quand j’ai plus de temps devant moi, j’utilise l’application Homeexchange sur laquelle je trouve régulièrement des appartements gratuits (il faut payer un frais de gestion de 15$ ou un membership annuel). J’en parlerai dans un autre article. Voici également un lien pour faire vos premiers pas sur la plateforme.

Quand je prépare un déplacement en avance, il m’arrive régulièrement de louer ma propre maison. Au cœur d’un village touristique, la location est plutôt facile de mon côté. Je peux habituellement louer 100$ la nuit. Ceci me permet d’avoir cet argent pour mes dépenses de voyage. Si vous décidez de louer votre maison, je vous conseille d’acheter une boîte à clés numérique, ce qui permet des entrées autonomes et vous libère d’avoir à être sur place. Donc, pour un voyage vraiment gratuit, prenez des passagers via Amigo Express et louez votre maison sur la plateforme qui vous plaît.

SE NOURRIR

Troisième poste de dépenses après l’essence et l’hébergement? La nourriture évidemment! L’idée ici n’est pas de manger des sandwichs dans les haltes d’autoroute pendant tout le voyage, mais de ne pas tout miser sur le resto. Je prépare habituellement le premier lunch pour la route. Je tente de ne pas préparer un truc trop plate. Ce midi : focaccia aux olives, au porc effiloché (restant de la veille), cornichons, mayo et basilic. Si le lunch prévu vous déprime vous allez vous lancer dans la première cantine de bord de route que vous allez trouver.

Parlant cantine, c’est un truc que j’aime beaucoup. La plupart des cantines sont fermées l’hiver, mais si vous pouvez manger dans les cantines, c’est souvent à ces endroits que la nourriture est la plus fraîche (il y a du roulement) et la moins chère. Bon vous mangerez sans doute un peu gras, mais c’est les vacances tsé. En Gaspésie, certaines cantines offrent des guedilles aux crevettes où trônent des livres et des livres de crevettes fraîches pour une bouchée de pain…de guedille. Plus de fruits de mer que dans le resto d’a côté qui sert le tout dans de la porcelaine chic en bien plus petite quantité.

Le cas des déjeuners me fascine également. J’aime apporter avec moi de quoi déjeuner, barres tendres, pain, confiture, fromage, etc. J’aime aussi les déjeuners au resto (ben voyons c’est ben contradictoire ça). J’aime déjeuner au resto, mais pour le dîner. Vive les restos qui servent des déjeuners toute la journée. Souvent, pour 5$ vous aurez une viande, du pain, des pommes de terre, des œufs et du café. IMBATTABLE.

Ce qui est bien dans les locations Airbnb ou les Auberges de jeunesse c’est que vous avez habituellement accès à une cuisine. J’ai tout de même plusieurs trucs pour manger dans une chambre d’hôtel standard. Si vous avez accès à un micro-onde, vous n’avez pas besoin de moi, sinon, il y aura toujours le fer à repasser. Envelopper un grill cheese dans du papier alu (que vous garderez toujours avec vous), et vous poser le fer chaud dessus. La bouilloire peut également servir à faire cuire des nouilles ramen ou à réchauffer des saucisses à hot-dog. Vous prendrez vos vitamines au retour.

S’AMUSER

Évidemment, la destination joue beaucoup sur le niveau de dépense que nous aurons à faire. Caraquet n’est pas New York, disons. Pourtant peu importe la destination, il y a toujours moyen de s’amuser gratuitement.

Conclusion

La nature était bien jolie, gratuite, mais un tantinet froide. Nous avons tout de même un peu marché et pu apprécier de magnifiques points de vue. Nous avons fait deux fois le plein d’essence pour un montant de 58$, la chambre privé avec entrée indépendante, nous a coûté 32$, nous avons troqué le resto du soir par une bouffe maison 42$ (incluant le vin). Le lendemain nous avons déjeuné au resto donc 20$ et dîné dans une cantine sur la route du retour 20$. Pour un grand total de 172$ divisé en deux, donc 86$ par personne pour la fin de semaine. C’est très abordable, mais on fera mieux la prochaine fois. Vous, quels sont vos trucs pour voyager pour presque rien?

Où amener ses enfants à Paris!

Bon, vous allez certainement commencer à vous douter de mon intérêt pour les musées et plus particulièrement pour ceux qui sont un peu inusités. Lors d’un passage à Paris, l’un d’eux a véritablement frappé mon imaginaire. Il s’agit du Musée des Arts forains dans les pavillons de Bercy.

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En effet, depuis 1996, les anciennes halles aux vins abritent les Pavillons de Bercy, cinq univers se déployant sur plus de 8 500 pieds carrés, entièrement dédiés aux arts forains. À travers une mise en scène impressionnante, on se balade à travers les thématiques. Les fêtes foraines de la belle époque, le cabinet des curiosités, les salons vénitiens, le théâtre des verdures et depuis 2014 une authentique salle de balle itinérante des années 20. Il s’agit de la plus grande collection d’objets du spectacle d’Europe. Les visites sont participatives et guidées et c’est ce qui rend la chose encore plus agréable autant pour les enfants que pour les adultes. Il est permis d’utiliser les manèges et les objets. C’est véritablement impressionnant de sentir la vitesse d’un manège en bois, actionné par pédaliers et datant de 1897! Sincèrement, il m’est impossible de dire, qui de ma fille ou de moi, était le plus impressionnée par ce lieu plus grand que nature.

C’est plus de 29 000 objets qui ont été analysés par des documentalistes pour mettre en place ce musée. Certains manèges ayant parfois été repeints une vingtaine de fois à travers les années, c’est un véritable travail d’orfèvre qui, dans certains cas, s’étalent sur 3 mois pour ramener l’objet à son état initial. Il s’agit, à mon avis, d’une façon très efficace d’aborder les questions de Patrimoine, c’est-à-dire en faisait revivre au spectateur (qui est aussi un participant), une expérience authentique. La guide oriente les gens à travers les différents pavillons, en faisant tester les objets et les manèges (carrousels, orge mécanique, jeu de course de chevaux en bois, etc.) tout en distillant des morceaux de la fascinante histoire qui se dissimule derrière.

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Il faut absolument réserver avant de se rendre au Musée puisque les visites sont toujours guidées. De plus, le lieu se prête à une foule d’autres utilisations (location, festival, atelier de restauration, etc.) Il vaut la peine d’aller sur le site web pour découvrir la programmation. J’avoue avoir un fort penchant à la base pour l’univers circassien, mais c’est vraiment une expérience qui ne peut que plaire.

Des vacances flottantes en Gaspésie

J’ai écrit plusieurs fois sur Carleton, clairement l’un des endroits que je préfère en basse Gaspésie. Pour ce qui est de la haute, c’est le village de Mont-Louis, mais ce sera pour un prochain billet.

Bien que j’y sois allée plusieurs fois, je n’avais pas encore eu la chance de dormir dans les yourtes flottantes de l’entreprise Aux 4 vents. Impossible de les manquer, elles font parties du paysage, elles fusionnent avec le Barachois, bien installées dans la Baie-des-Chaleurs. C’est sincèrement une expérience à vivre au moins une fois. Ma fille et sa cousine, directement livrées de la métropole pour l’été, étaient folles de joie à l’idée d’avoir à pagayer jusqu’à la yourte pour ensuite dormir sur l’eau.

Pour ma fille et moi, ce n’était pas notre baptême de yourte. En effet, nous avions eu la merveilleuse idée d’aller dormir dans ce type de campement, il y a quelques années. Différence importante, c’était l’hiver, mais pas seulement, c’était la nuit la plus froide de l’hiver, mais pas seulement… c’était la nuit la plus froide de l’hiver bas-laurentien (bonjour le -45 avec le facteur vent). C’était au parc du Bic, donc en région boisée. Après déclenchement de l’alarme de monoxyde de carbone pour cause de feu qui emboucanait l’intérieur, nous sommes finalement partis à 4 h du matin…

Bon, ici une précision s’impose, je recommande vraiment le parc du Bic, c’est juste magique. Les yourtes sont également superbement équipées et bien intégrées dans le paysage. Évitez seulement d’y aller quand il y a une alerte de froid extrême sur le site de Météo-média à moins de vouloir se la jouer « survivor » et d’avoir vraiment le goût d’alimenter un feu au 20 minutes toute la nuit.

 Bref, revenons à la douce chaleur de l’été. Nous avions l’une des yourtes les plus près du bord donc 5 ou 6 minutes de canot nous ont permis de rejoindre notre refuge. À l’intérieur, 2 lits doubles, un sofa, une table et un comptoir avec évier équipé d’eau potable. Sur la terrasse, un BBQ et une autre table pour les repas extérieurs. Vous retrouvez également une toilette au compost (pour ceux qui s’inquiétaient). Pour la douche, reprenez votre canot et vous pourrez vous servir de celles de l’Auberge’Inn qui propose d’ailleurs une formule auberge de jeunesse, concept plutôt rare à trouver sur la boucle de la Gaspésie.

Il y a quelque chose de vraiment cool à se lever le matin sur l’eau, à prendre son canot, à pagayer jusqu’à la rive, pour ensuite aller se prendre un latté et des pâtisseries à la boulangerie La mie véritable. Ça, c’est vraiment ce que j’appelle du glamping!

Il reste encore devant nous les plus belles semaines de l’été, celles avec les perséides dans le ciel. En plus, vous pourrez en profiter pour voir les superbes photos installées à l’extérieur dans le cadre des Rencontres internationales de la photographies en Gaspésie.

S’ennuyer à Toronto?

Après des semaines à tergiverser sur l’endroit parfait pour aller passer une petite semaine de vacances en janvier. L’idée, en apparence saugrenue, de rouler jusqu’à Toronto, a germé dans mon esprit. Même si les sirènes du Sud chantaient langoureusement à mon oreille, l’idée de brûler des litres de carburant pour passer une courte semaine au Mexique ou à Cuba ne me plaisait pas tellement. Habitant à l’est de la province, il faut quand même compter pratiquement 11h de voiture pour arriver à destination.

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Quand les gens me demandent ce que j’ai fait de mon congé des fêtes et que je mentionne Toronto, on me répond soit : pour affaires??? Ou donc : Hein…Toronto en janvier pour des vacances? Quand j’ajoute à cela qu’on a poussé le bouchon jusqu’à Niagara et ben là, je subis pratiquement des évanouissements, mais ça c’est une autre histoire.

Oui, mais à Toronto, c’est cher, le monde est plate et les bars ferment avant le souper… OK, soit vous n’êtes pas allés à Toronto depuis 15 ans, soit vous vous enlisés dans de vieux clichés. Je vous l’accorde, si vous voulez faire la fiesta jusqu’à pas d’heures, vous êtes peut-être mieux de vous envoler pour Barcelone ou de faire un tour des micro-brasseries de l’est du Québec. Si par contre, vous avez envie de voir des expos, de marcher et de manger beaucoup trop de fois dans un quartier chinois, Toronto est une très bonne option.

Où habiter

Si vous avez un bon budget hôtel, The Drake Hotel est un incontournable. Pourquoi? Le Drake est bien installé dans l’un des quartiers les plus effervescents de Toronto: West Queen west, nommé par le Vogue comme l’un des quartiers les plus cool de la planète. C’est plus qu’un hôtel puisque la mission du Drake est de mettre en relation les voyageurs, le milieu culturel, les artistes locaux et de passage et les Torontois. Le concept me d’hotel/lieu de vie me rappelle beaucoup le Michelberger Hotel  à Berlin.

Vous pourrez, en plus d’y dormir, voir des spectacles, de l’art visuel, manger, boire un verre et même, à la manière des musées, passer par leur boutique. Maintenant, si vous êtes complètement fauchés, il y a Airbnb ou, mon nouveau coup de cœur, Guest to guest récemment fusionné à la célèbre plateforme Home Exchange.

Je vous suggère de chercher dans West Queen West et ses environs pour un positionnement optimal entre les différents coins de la ville intéressants à visiter. Distillery district est également un choix intéressant, mais c’est très touristique et si vous voulez un bain de folie, direction Kesington Market.

 

Quoi faire en hiver?

Oui aller à Toronto l’hiver est une expérience tout autre qu’au milieu de l’été où les marchés s’étendent dans les rues et où l’accès aux îles piétonnes en Ferry est nettement plus simple. Pour un québécois, vous gagnez quand même 10 degrés de chaleur, donc c’est pratiquement un voyage dans le Sud (3 degrés en janvier, c’est pour ainsi dire un temps de maillot de bain).

Le Chinatown

Il est facile de passer une semaine complète à se balader dans le Chinatown de Toronto sans s’ennuyer (ou c’est juste moi). C’est aussi le lieu parfait pour manger pour pas cher. « Garrochez-vous au House of Gourmet. Ne vous laissez pas décourager pas l’éclairage aux néons. Vous allez pouvoir vous régaler pour quelques dollars, d’une cuisine authentique. Aussi, point à ne pas négliger, la carte de crédit est acceptée. Autrement, il est essentiel d’avoir avec vous, de l’argent comptant, la plupart des restos du Chinatown sont « cash only ».

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 St-Lawrence Market

Pour restez dans l’univers de la bouffe, St-Lawrence market est aussi un incontournable. Le marché est installé dans le premier hôtel de ville et prison de Toronto. Rien de mieux pour oublier l’hiver que de déambuler dans un marché intérieur.

The Power Plant

Question art visuel, direction The Power plant Center, une galerie d’art contemporain public. C’est en fait la plus importante galerie d’art publique, exclusivement consacrée aux arts visuels contemporains au Canada. Ils se distinguent par leur programmation diversifiée et leur engagement envers l’art canadien.

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Harbourfront Centre

Le Harbourfront Centre est un organisme culturel du Queens Quay West, créé en 1972 par le gouvernement fédéral, en tant que société d’État, pour créer un parc riverain. Il est devenu un organisme à but non lucratif en 1991. C’est un organisme culturel innovant, offrant une programmation de renommée internationale dans les domaines des arts, de la culture, de l’éducation et des loisirs. Doter sa ville d’un organisme responsable d’animer un secteur de la ville me rappelle beaucoup Le voyage à Nantes. J’en avais parlé juste ici.

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En bonus : Sweet pete’s bike shop

L’idée de magasiner un vélo l’hiver est une idée saugrenue (oui je sais). C’est pourtant bel et bien arrivé. Meilleur achat sur un coup de tête de mon année. L’équipe de Sweet Pete’s bike shop est géniale. Me voilà donc avec un tout nouveau Kona avec selle brooks en cuir, une « tite » clochette rose/gold et un porte-bouteille de vin en cuir « made in MTL ». Oui, je sais, c’est hipster…

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N’hésitez pas à passer par-dessus vos préjugés, il y a du beau partout, s’agit d’avoir l’esprit ouvert!

Cette année, essayez autre chose qu’un tout inclus.

Si vous avez lu mon dernier article sur le Mexique, vous savez que j’en suis au jour 5 de mon périple au Mexique et que je viens de sauter dans un Collectivo avec ma fille en direction de Playa Del Carmen. Le Collectivo est très pratique et peu coûteux, mais si vous avez un peu de temps devant vous et un enfant impatient dans les transports, je vous conseille de vous tourner vers la compagnie d’autobus ADO. C’est un peu plus cher, mais nettement plus confortable. Le terminal ADO est en plein centre du cœur touristique de Playa Del Carmen, à l’extrémité de la célèbre Quinta Avenida. Cette avenue piétonne enligne une foule de restaurants, boutiques, centre commercial, bars. Si vous cherchez des plans pas chers pour manger et boire, je vous conseille de vous déplacer à quelques rues de l’avenue.

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Pendant mon séjour, j’ai partagé mon temps entre deux hôtels et ma foi, ce fut les deux meilleurs choix de ma tournée mexicaine. Le premier étant le Green Village boutique hôtel. Un petit hôtel boutique à quelques minutes à pieds de la Quinta et donc de la mer. L’hôtel a plusieurs atouts, une petite piscine intérieure, un bar/resto, une super déco et un personnel extrêmement gentil.

L’autre hôtel où j’ai logé, le Kinbe hôtel boutique était mon vrai coup de cœur. À 12 pas de la Quinta, à 11 de la mer et à 15 du nouveau musée Frida Kalho (qui méritera son propre article). Il est doté d’une superbe piscine intérieure et d’un staff qui pourrait donner des cours de services aux clients. Encore ici, il s’agit d’un petit hôtel boutique. Ce type d’hôtel est réellement plus plaisant que les gros ressorts impersonnels et nous oblige (ce qui est très positif) à découvrir une foule de petits restos typiques.

Qu’est-ce qu’on fait à Playa del Carmen avec un enfant? Plein de choses. Durant mon séjour j’ai pu faire la zone archéologique de Chichén Itzá (Probablement le site le plus célèbre du Yucatan), j’ai nagé dans un Cenote, fait une visite éclair à Valladolid. J’ai aussi pu faire le tour culturel secret offert par Del Mundo tours. (D’ailleurs j’ai fait toutes mes visites avec eux.) Del Mundo est une agence francophone fondée par Ludovic Deforseau qui m’a d’ailleurs personnellement accompagnée dans mon tour culturel.

Plusieurs agences offrent les tours classiques comme la visite de Chichén Itzá, les cénotes, Coba, etc. mais il faut savoir qu’il y a peu d’agences francophones et qu’elles n’ont pas toute des pratiques éthiques et un respect de la faune, de la flore et du Patrimoine bâtit. De plus, Del Mundo est la seule agence à proposer un tour culturel top secret à Playa del Carmen. Ce tour est habituellement offert à vélo, mais comme fillette à mis toutes ses énergies dans la maîtrise de sa trottinette, elle ne se sentait pas assez sécure pour parcourir les rues du Mexique. Ludovic nous a gentiment proposé de venir nous chercher en voiture. L’idée de ce tour est de découvrir le Playa del Carmen qui n’est pas connu des touristes. Celui qui est habité à l’année par de vraies personnes.

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En effet, en se stationnant devant le marché, il n’y a plus l’ombre d’un touriste. Ludovic nous fait découvrir la vie quotidienne au marché, l’achat de mélange de piments et la viande accrochée directement dehors, dans la chaleur cuisante de ce mois d’août mexicain. On en profite aussi pour acheter quelques trucs au dépanneur pour une famille qu’on va aller visiter. De l’huile, des légumineuses, des biscuits (ma fille choisit ses préférés) et quelques paquets de chips.

Ici la pauvreté est bien présente. En marchant dans les rues du quartier, Ludovic nous raconte comment il a eu l’idée de concevoir ce tour. En tant que photographe, il a lui-même parcouru ces quartiers et s’est lié d’amitié, avec le temps, avec les gens qui y habitent. Cette famille justement, chez qui on arrive. Les enfants qui courent au milieu d’une habitation plus que rudimentaire et qui saute de joie en reconnaissant Ludovic. Ma fille est intimidée, elle regarde autour d’elle en ayant de la difficulté à croire que 7 ou 8 enfants peuvent dormir dans un espace deux fois moins grand que sa chambre. On leur offre les quelques petites choses attrapées au dépanneur. Malgré la pauvreté flagrante, des sourires sur tous les visages.

On continu notre chemin pour entrer dans une boulangerie, endroit qu’il aurait été impossible de trouver sans Ludovic puisque ce n’est pas ouvert au public. À l’intérieur, les travailleurs s’activent pour fournir le pain aux restaurateurs. Encore une fois, les sourires sont présents malgré la chaleur écrasante. Il fait 40 degrés dehors sur Playa Del Carmen et il doit en faire 15 ou 20 de plus dans les cuisines.

Au bout de cette visite de quelques heures, on a l’impression d’avoir vu le vrai visage de Playa Del Carmen, celui qui se trouve en dessous du maquillage. Ce Playa del Carmen est tout aussi intéressant sinon plus que celui qui est fabriqué pour les touristes, il est plus authentique. Ce qui est unique de ce tour, c’est qu’il est impossible à faire par soi même puisqu’il est le fruit des découvertes faites par Ludovic, au cours des années, au cours de ses pérégrinations de photographes et grâce aux liens de confiance qu’il a tissés avec les habitants. Celui qui a pratiquement visité une centaine de pays est maintenant installé pour de bon à Playa Del Carmen et cet amour du Yucatan transparaît dans les tours disponibles à l’agence.

Croisière sur l’estuaire Nantes-Saint-Nazaire

Le mois de juillet a été faste en nouvelles expériences. En matière de culture, l’été a un double visage. Plusieurs organismes culturels roulent au ralenti en préparant la rentrée de l’automne et d’autres sont en pleine saison touristique et prendront plutôt leurs vacances une fois les chaleurs retombées.

Cet été, au lieu de courir les festivals, j’ai eu la chance de vivre une expérience hors du commun et franchement très inspirante. Soit une croisière entre Nantes et le port de Saint-Nazaire qui nous permet d’avoir un point de vue nouveau sur une multitude d’œuvres permanentes disséminées en bordure d’estuaire. Avant d’y arriver par contre, je me permets quelques pas de recul pour remettre ce projet dans son contexte.

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Saint-Nazaire

C’était la première fois que je déposais mes valises dans cette portion de la France. Je m’étais rendue dans le Finistère quelques années auparavant dans le cadre du Festival livres et Mer de Concarneau, mais je ne n’avais pas poursuivi mon chemin jusque dans la Loire.

Je dois dire que Nantes m’a franchement impressionnée par sa manière de propulser les arts, la culture et le Patrimoine. Ils en ont fait un véritable moteur de développement touristique. La croisière Nantes/Saint-Nazaire s’inscrit donc dans Le voyage à Nantes. Formule complètement novatrice, Le voyage à Nantes est une Société Publique Locale, dirigée par Jean Blaise, qui a pour mission la promotion du dispositif culturel mis en place par la ville de Nantes. Chaque été la SPL produit un évènement inventif qui s’attache à un parcours pérenne d’une quarantaine d’étapes.

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Nantes doit beaucoup à Jean Blaise en matière de culture, lui qui a toujours été convaincu que l’art est un outil de revitalisation des territoires et un levier économique. Ce visionnaire s’emploie depuis plus de 30 ans à relever Nantes des meurtrissures jadis causées par la fermeture des chantiers navals. Il est par exemple, le maître d’œuvre du Lieu unique, scène nationale, installée dans l’ancienne usine de biscuit LU. Il a aussi imaginé en 2007, la biennale d’art contemporain de l’estuaire sur les rives de la Loire qui ont mené, 5 ans plus tard, à la création du Voyage à Nantes.

Blaise le souligne, l’art dans l’espace public est souvent vécu comme une intrusion. Ses collaborateurs diront de lui que c’est un fin pédagogue en matière d’adhésion quand vient le temps de rallier les riverains, les commerçants et les élus avant chaque édition du Voyage. La stratégie fonctionne puisqu’entre 2007 et 2012, le nombre de visiteurs a bondi de 55%.

Donc pour en revenir à la croisière, elle fait partie des manières de découvrir le parcours pérenne Estuaire que l’on peut contempler à la fois par la rive nord et par la rive sud. Certaines œuvres doivent être vues de manière terrestre, mais d’autres peuvent être aperçues directement du bateau qui nous amène de Nantes au port de Saint-Nazaire. Certaines œuvres marquent plus que d’autres comme La maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult, la Villa cheminée de Tatzu Nishi, Misconceivable d’Erwin Wurm ou encore le fantomatique Lunar Tree du duo Mrzyk et Moriceau pour ne nommer que ceux-là.

 

 

 

La Croisière permet véritablement d’avoir un point de vue unique sur les œuvres en plus de voir sous un angle nouveau les lieux et paysages dans lesquels ils s’inscrivent. Un guide commente l’histoire et les enjeux de ces coins de paysages en plus de nous laisser entendre les démarches artistiques derrière chacune des œuvres qui jalonnent le parcours.

Merci à Tourisme Nantes de m’avoir permis de découvrir ce parcours, nul doute qu’un projet aussi inspirant pourrait s’importer dans le magnifique estuaire du St-Laurent, l’idée est lancée!

Photo de couverture: Baptiste Grison

Une auberge dans le bas du fleuve

Quand vous prenez le pont pour sortir de Québec et que vous arrivez à l’embranchement, vous avez deux choix : poursuivre vers la Métropole (bah déjà vu 😉 ou tourner vers…Rivière-du-Loup! En grosses lettres blanches sur vert, c’est impossible à manquer. Demandez-moi pas par quelle sorcellerie c’est Rivière-du-Loup qui a remporté le grand concours de la signalisation dans tout l’est du Québec, mais ça va vous permettre de découvrir l’un de mes coins préférés pour faire une pause.

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Parc des Chutes: Rivière-du-Loup

 

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Parc des Chutes: Rivière-du-Loup

Il s’agit de l’auberge qui a très probablement l’une des plus spectaculaires terrasses au Bas-Saint-Laurent : l’Auberge de la Pointe! Cet établissement saisonnier est judicieusement positionné en surplomb du St-Laurent pour donner à voir un point de vue saisissant sur le fleuve.

C’est également une histoire de famille qui a débuté en 1957 et qui se poursuit encore aujourd’hui, plus de 60 ans après son ouverture.

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Lors de ma visite, on me disait que de conserver l’appellation « Auberge » avait été un choix bien réfléchi, l’établissement rappelant maintenant plutôt le chic hôtelier que la rusticité de l’auberge.

Il s’agit, par ce choix, de garder à nos mémoires l’aspect familial de l’entreprise. D’ailleurs 40% de la clientèle revient année après année. Les photos anciennes, affichées dans le hall, sont là pour rappeler toute l’histoire du lieu, qui abritait à l’époque, la plus grande salle de danse de l’est du Québec et recevait régulièrement des orchestres new-yorkais en vadrouille.

L’Auberge a constamment des projets de développement. Le petit dernier date de cet été, une ancienne cabane de pêche qui recèle une console de jeux pour amuser les enfants pendants que les adultes regardent passer le temps sur la terrasse en buvant du vin. Pas mal la définition du bonheur à mon humble avis.

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Douloureuse Frida

Le musée Frida Khalo a ouvert ses portes au début de juillet en plein cœur de Playa Del Carmen. Ici pas d’œuvre de la belle métisse (née d’une mère indienne et d’un père européen), mais une incursion dans sa vie, de l’enfance à sa mort.

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L’accent est mis sur l’accident qui a modifié sa trajectoire. Ce jour de septembre 1925 où l’autobus qui la ramenait de l’école fait un terrible accident, elle avait 18 ans. Littéralement empalée par une poutre de métal qui se détache du véhicule, elle en restera brisée à jamais. 11 fractures, la colonne rompue, le fémur cassé, le pied disloqué, l’os pelvien fracturé en trois. Elle passera trois mois à l’hôpital pour ensuite revenir s’aliter chez elle, enfermée dans un corset de métal.

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La visite de l’expo inclut une incursion son et lumière dans l’autobus, des images projetées sur les murs, mais surtout le son, ce crissement de pneus qui signera un destin.

Immobilisée dans son lit, elle parlera à sa mère de peindre pour passer le temps. Un miroir sera installé dans le plafond de son baldaquin, à ses côtés un chevalet spécial lui permettra de peindre en position couchée. C’est le début des autoportraits. Face à elle-même et à sa douleur constante, la peinture devient son exutoire.

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La vie ne lui donnant aucun répit, suite à son enfance marquée par la polio et l’accident qui lui prit sa vie de jeune adulte, c’est la gangrène qui s’attaque à sa jambe au début de la trentaine. De son amputation elle dira «  Des pieds, pourquoi est-ce que j’en voudrais puisque j’ai des ailes pour voler?

C’est à 47 ans que s’éteint la flamboyante artiste, d’une embolie pulmonaire ou par suicide, il est difficile de le dire.

Les représentations colorées de Frida, ses costumes et bijoux de couleur flamboyants, tranchent avec la souffrance qu’elle consumait comme un feu à l’intérieur de son ventre. Est-ce que Frida aurait été Frida sans cette intense souffrance? Probablement que non, mais une carrière artistique qui traverse les âges en vaut-elle le prix? C’est la question à laquelle j’ai pu réfléchir avec ma fille qui visitait l’expo avec moi.

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Comme pour marquer la peine qui a jalonné la vie de cette femme, un orage d’été mexicain nous est tombé dessus dès notre sortie. Si vous faites un tour à Playa Del Carmen, n’hésitez pas à aller faire un tour dans l’univers de Frida! Un coup de cœur assuré pour les passionnées comme pour les néophytes.

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