Croisière sur l’estuaire Nantes-Saint-Nazaire

Le mois de juillet a été faste en nouvelles expériences. En matière de culture, l’été a un double visage. Plusieurs organismes culturels roulent au ralenti en préparant la rentrée de l’automne et d’autres sont en pleine saison touristique et prendront plutôt leurs vacances une fois les chaleurs retombées.

Cet été, au lieu de courir les festivals, j’ai eu la chance de vivre une expérience hors du commun et franchement très inspirante. Soit une croisière entre Nantes et le port de Saint-Nazaire qui nous permet d’avoir un point de vue nouveau sur une multitude d’œuvres permanentes disséminées en bordure d’estuaire. Avant d’y arriver par contre, je me permets quelques pas de recul pour remettre ce projet dans son contexte.

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Saint-Nazaire

C’était la première fois que je déposais mes valises dans cette portion de la France. Je m’étais rendue dans le Finistère quelques années auparavant dans le cadre du Festival livres et Mer de Concarneau, mais je ne n’avais pas poursuivi mon chemin jusque dans la Loire.

Je dois dire que Nantes m’a franchement impressionnée par sa manière de propulser les arts, la culture et le Patrimoine. Ils en ont fait un véritable moteur de développement touristique. La croisière Nantes/Saint-Nazaire s’inscrit donc dans Le voyage à Nantes. Formule complètement novatrice, Le voyage à Nantes est une Société Publique Locale, dirigée par Jean Blaise, qui a pour mission la promotion du dispositif culturel mis en place par la ville de Nantes. Chaque été la SPL produit un évènement inventif qui s’attache à un parcours pérenne d’une quarantaine d’étapes.

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Nantes doit beaucoup à Jean Blaise en matière de culture, lui qui a toujours été convaincu que l’art est un outil de revitalisation des territoires et un levier économique. Ce visionnaire s’emploie depuis plus de 30 ans à relever Nantes des meurtrissures jadis causées par la fermeture des chantiers navals. Il est par exemple, le maître d’œuvre du Lieu unique, scène nationale, installée dans l’ancienne usine de biscuit LU. Il a aussi imaginé en 2007, la biennale d’art contemporain de l’estuaire sur les rives de la Loire qui ont mené, 5 ans plus tard, à la création du Voyage à Nantes.

Blaise le souligne, l’art dans l’espace public est souvent vécu comme une intrusion. Ses collaborateurs diront de lui que c’est un fin pédagogue en matière d’adhésion quand vient le temps de rallier les riverains, les commerçants et les élus avant chaque édition du Voyage. La stratégie fonctionne puisqu’entre 2007 et 2012, le nombre de visiteurs a bondi de 55%.

Donc pour en revenir à la croisière, elle fait partie des manières de découvrir le parcours pérenne Estuaire que l’on peut contempler à la fois par la rive nord et par la rive sud. Certaines œuvres doivent être vues de manière terrestre, mais d’autres peuvent être aperçues directement du bateau qui nous amène de Nantes au port de Saint-Nazaire. Certaines œuvres marquent plus que d’autres comme La maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult, la Villa cheminée de Tatzu Nishi, Misconceivable d’Erwin Wurm ou encore le fantomatique Lunar Tree du duo Mrzyk et Moriceau pour ne nommer que ceux-là.

 

 

 

La Croisière permet véritablement d’avoir un point de vue unique sur les œuvres en plus de voir sous un angle nouveau les lieux et paysages dans lesquels ils s’inscrivent. Un guide commente l’histoire et les enjeux de ces coins de paysages en plus de nous laisser entendre les démarches artistiques derrière chacune des œuvres qui jalonnent le parcours.

Merci à Tourisme Nantes de m’avoir permis de découvrir ce parcours, nul doute qu’un projet aussi inspirant pourrait s’importer dans le magnifique estuaire du St-Laurent, l’idée est lancée!

Photo de couverture: Baptiste Grison