Trois-Rivières…est-ce que c’est si TRÈS que ça?

L’autre jour, j’étais de passage à Trois-Rivières pour une réunion à Culture Mauricie (bonjour Éric!). Bien que j’ai de la famille à Trois-Rivières, c’est une ville que je connais très peu. Pourtant, elle mérite quand même qu’on s’y attarde. Premièrement, c’est une ville avantageusement positionnée précisément entre Québec et Montréal. Elle jouit également d’une magnifique vue sur le fleuve, depuis son centre-ville. Tout près de la zone portuaire, vous pouvez grimper un magnifique escalier illuminé qui retrace les grands moments du développement de la ville. Cet escalier mène au Platon, un endroit pour admirer la vue de haut et qui, pour l’histoire, fût le premier poste de traite de la ville, installer par Laviolette.

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Ce qui est bien à Trois-Rivières, c’est que plusieurs trucs se font à pied. Le Centre-ville est bien dense et plutôt riche en patrimoines bâtis. Par exemple, la maison Hertel-de-la-Frenière, résidence prisée dans les années 1820 abrite l’EMA (expérience métiers d’arts). N’hésitez pas à y faire un tour, c’est une boutique, une salle d’expo et un lieu d’expérimentation pour les artisans.

Trois-Rivières est également le berceau de la Biennale internationale d’estampe contemporaine qui aura lieu cette année du 18 juin au 10 septembre. Cette biennale est l’une des plus importantes expositions internationales d’estampes au Canada. Le mandat de l’organisme est de rendre compte des tendances dans le domaine et de promouvoir la pratique de l’estampe contemporaine. C’est évidemment un évènement incontournable pour les artistes estampiers.

Si comme moi vous voulez vous rendre à Trois-Rivières pour admirer le travail de ces artistes, je vous suggère de réserver dès maintenant au Oui Go hôtel. En plein quartier historique, à deux pas du vieux port, difficile de trouver mieux.

Encore une fois, le patrimoine bâti est à l’honneur. C’est ici l’ancien édifice Balcer qui a été transformé en hôtel. Ancienne institution financière, nous pouvons encore en admirer l’épaisseur des murs des anciens coffres forts à l’intérieur des chambres.

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Ce qui est bien aussi, c’est que l’hôtel est tout juste à côté de la brasserie artisanale Le temps d’une pinte. Vous pourrez ramper sans peine d’un établissement à l’autre. Vous pourrez y trouver de la bonne bouffe et un éventail de bières rafraîchissantes. J’y ai mangé le meilleur sandwich au thon de ma vie…sérieusement, c’est rare qu’on capote sur un sandwich au thon dans la vie tsé.

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Évidemment, mon passage fut bref, beaucoup trop bref. Il y a plein de trucs à faire à Trois-Rivières et la ville se démarque à mon avis par son centre-ville magnifique. Alors oui, Trois-Rivières est TRÈS cool.

Berlin cool partie 3 : Neukölln

Neukölln, quartier résolument cosmopolite de Berlin (160 nationalités y cohabitent) fût mon port d’attache d’un jour en terre allemande. Ça vous dit vaguement quelque chose? Peut-être êtes-vous fan de Bowie car c’est ce quartier qui lui inspirera la chanson NeuKöln sur son album Heroes (1977). C’est seulement en 1920 (lors de la création du Grand Berlin) que cette région fût annexée à la capitale puisque jusqu’alors, c’était une ville totalement indépendante.

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Après Friedrichshain et Kreuzberg, c’est Neukölln qui se voit devenir la proie de la gentrification. De quartier populaire, il passe à repère hipster. La gentrification a toujours soulevé les passions, et ce dans toutes les grandes villes du monde. D’un côté les locaux voient le prix des loyers exploser, les dépanneurs et cantines laisser la place aux boutiques de niche et cafés de spécialité. De l’autre côté, les nouveaux arrivants y voient un cadre de vie idéal, des loyers moins chers que dans les quartiers déjà embourgeoisés et un univers infini de possible.

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Est-ce que l’embourgeoisement urbain est unilatéralement négatif? Pas si la mixité est encadrée par une surveillance de la hausse des loyers et l’investissement dans les logements sociaux. Est-ce que NeuKölln a réussi le pari d’unir les classes? Bonne question.

Entre 2007 et 2010 les prix des loyers ont grimpé de 23% dans le quartier. Au même moment est créé le Hipster Antifa NeuKölln, un groupe de résistance pour tenter d’ouvrir le dialogue entre communautés locales et nouveaux arrivants.

Particulièrement sensible à ces questions, je garde toujours l’œil ouvert quand je visite un quartier. J’aime voir si les classes cohabitent, si l’institution de quartier réussit à cohabiter avec l’antiquaire à moustache et à grosses lunettes.

Berlin a adopté une loi pour amoindrir les effets de l’embourgeoisement des quartiers. Dans les zones protégées de NeuKölln, les propriétaires ne peuvent pas fusionner deux appartements pour en faire un grand loft, ils ne peuvent pas non plus rénover les cuisines et les salles de bain de manière trop luxueuse ou encore louer leurs appartements de manière saisonnière à des touristes. Cette loi « milieuschutz » se traduit par le désir de protéger l’environnement social.

Pendant ma brève visite, j’ai en effet pu remarquer que repères hipster côtoient commerces plus modestes. Je me suis sentie comme dans tous les quartiers qui vivent les balbutiements d’une gentrification dans une espèce d’entre-deux tendu.

J’ai posé mes valises dans le plutôt cool Hüttenpalast (difficile de faire plus hipster). En 2008, un groupe d’amis transforme une usine désaffectée en hôtel en y installant des caravanes.

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L’univers industriel et la décoration brocante composent un mix très intéressant. Le service est super et bien que l’endroit grimpe en popularité les prix sont plus qu’abordables (j’ai payé 60 euros).

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Ma fille, pas trop certaine au début, a finalement élu le lieu « plus cool hôtel de Berlin ». De mon côté, j’ai trouvé que l’expérience en valait la chandelle. Par contre, il faut se sentir ouvert à des installations de type auberge de jeunesse (douches communes, espaces de vie communs) et ne pas avoir le sommeil trop léger (une roulotte s’est pas tant insonorisée).

NeuKölln est définitivement un quartier à visiter (dans le respect des populations locales sivouplait) pour découvrir le Berlin moins touristique ou pour vous magasiner une robe de marié…mettons originale.

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Mon préféré pour voyager léger.

Vous vous souvenez de mon défi du mois de mars. Vivre uniquement dans les vêtements versatiles Mon préféré. Neuf pièces transformables au total (un foulard, une tunique duveteuse, une robe blanche, une tunique style kimono, un leggings noir, un une pièce noire, un chandail noir, une jupe réversible et une camisole réversible. Les vêtements Mon préféré répondent à mes critères les plus élevés. Ils sont designs, transformables, dessinés et fabriqués au Québec dans des tissus biologiques. Difficile de faire mieux ou plus. Maintenant, pourquoi j’ai eu envie de faire ce défi et pourquoi j’en parle dans le présent blogue.

1 : Pour moi la mode des créateurs, fait avec soin dans des valeurs de développement durable, de consommation locale, relève de la culture. Plusieurs artisans ont une démarche de création et leur pratique peut s’approcher des Métiers d’arts.

2 : Je voulais voyager avec le moins de vêtements possible afin de faciliter mes déplacements et réduire mes coûts en n’ayant pas à débourser pour des extra bagages.

Dans ce fameux mois de mars, je me suis rendue pendant 15 jours à Berlin, Copenhague, Hambourg et Oslo. J’ai aussi eu plusieurs rencontres avec des partenaires du Conseil, j’ai même donné une entrevue à la télé de Radio-Canada. Donc, est-ce que j’ai réussi!

Presque! Comme je possédais la collection de printemps de la marque, j’ai dû ajouter un chandail col roulé noir pour un peu plus de chaleur et une longue camisole/robe noire que je glisse souvent sous mes vêtements comme couche de base. Donc je repose la question, est-ce que j’ai réussi? Oui!!! Je porte encore les vêtements tous les jours, je n’ai plus envie de les quitter. C’est si simple de les agencer et de créer des ensembles différents à l’infini et pour toutes les occasions. Mon seul regret est de ne pas m’être procuré le t-shirt blanc de la marque…Je vais pallier à cette bévue terrible dès que possible.

Un peu de mathématique

La jupe = jupe noire, jupe rayée, robe soleil noir, robe soleil rayée

La camisole = camisole noire, camisole rayée

La robe = Robe attachée devant, robe attachée derrière, petite veste

Le kimono = un kimono, une jupe, une veste

La tunique duveteuse

Le foulard duveteux =Un foulard noir, un foulard beige, une jupe noire, une jupe beige

Le legging noir

Le chandail noir à manche ¾

Le one-piece = Un one-piece noir sous le genou, un pantalon large long.

Total : 9 vêtements = 21 vêtements (c’est fou!!!!)

Tout est si confortable et les tissus si doux qu’ils sont un peu trop difficiles de les enlever le soir venu. Il m’arrive même de dormir dans certains morceaux. Je vous laisse donc avec un diaporama de mes différents ensembles. Un gros merci à toi Nathalie Chenel de faire un travail si magnifique et essentiel!

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Dormir dans un monastère

Aujourd’hui je vous ramène au Québec dans un endroit qui combine hôtellerie, restauration, culture, patrimoine religieux, musée et santé globale. En plein cœur de la capitale, je vous transporte dans l’univers du Monastère des Augustines.

Un endroit fantastique qui a piqué ma curiosité de travailleuse culturelle, mais également d’étudiante à la maîtrise en gestion de projet (oui je sais, je collectionne les maîtrises). Je travaille depuis quelques années sur un mémoire sur l’adhésion des parties prenantes à un projet d’infrastructure culturel en étudiant le cas de la Coopérative Paradis (organisme que j’ai dirigé pendant sept ans).

Je m’intéresse particulièrement à la diversité de partenaires qu’il faut convaincre pour réaliser un projet culturel au Québec. Dans le cas du Monastère des Augustines, c’est d’autant plus intéressant que l’échafaudage du projet implique les gouvernements, mais également les sœurs de la communauté des Augustines.

Pour l’histoire

Le 1er août 1639, trois jeunes femmes provenant de France s’installent à Québec. Elles y sont dépêchées par la duchesse d’Aiguillon pour y établir un hôpital. Elles y soignent les autochtones et les rares colons de l’époque. L’Hôtel-Dieu de Québec devient alors le premier hôpital de toute l’Amérique, au nord du Mexique. La communauté a ensuite progressé pour compter dans les meilleures années près de 800 sœurs. Elles sont les fondatrices de 12 monastères-hôpitaux qui ont désormais tous intégré le système de santé actuel. Elles étaient donc gestionnaires d’hôpitaux, infirmières, pharmaciennes et bien plus. Elles étaient semi-cloîtrées, c’est-à-dire qu’elles rencontraient les malades, les familles, les docteurs dans leurs fonctions à l’hôpital, mais étaient cloîtrée dans leur vie monastique (d’où la construction en L du bâtiment qui les préservaient de la vue des fidèles dans le chœur de la chapelle.)

Femmes de vision, il y a une vingtaine d’années les Augustines se sont questionnées sur le futur de leur communauté. Elles ne sont maintenant plus que 11 à loger dans un espace qui leur est dédié au Monastère. Face à la diminution et au vieillissement des membres de la communauté, les Augustines ont pris la décision de confier leur patrimoine culturel à la société québécoise. Elles ont donc créé La Fiducie du Patrimoine culturel des Augustines. La fiducie qui a un statut d’organisme de bienfaisance est propriétaires des actifs, mais aussi les gardiens des intentions de la communauté.

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Pour avoir moi-même travaillé activement au développement du projet de relocalisation de la Coopérative Paradis, passée à travers trois accords de principe du gouvernement provincial, négocié avec le palier municipal et fédéral, je m’incline bien bas devant l’incroyable projet qui résulte de la vision et de l’ouverture d’esprit de ces femmes. C’est plus de 1200 modifications qui ont dû être faites en cours de projet. On parle de patrimoine, mais qui commence à creuser dans un secteur si riche en histoire risque d’y trouver aussi des artéfacts. Trouver de tels trésors demande l’arrêt des travaux et la sécurisation du site.

Bref tout un tour de force. En plus de l’incroyable intégration de l’ancien monastère à une architecture plus moderne, vous aurez le choix entre les chambres authentiques et contemporaines. Les chambres authentiques sont les chambres anciennement occupées par les Augustine, conservées dans leur état initial (mis à part les matelas et la literie) et vous donnent accès aux salles de bain privées sur l’étage. Les chambres contemporaines elles, sont dotées de salles de bain modernes.

Le Monastère prône la relaxation et la santé globale. C’est pourquoi vous retrouverez un programme quotidien d’activités comme le yoga, des conférences, de la relaxation guidée, etc. Ne cherchez pas le code du WIFI dans votre chambre. Vous devrez le récupérer à la réception sur un petit carton qui ne manque pas de vous rappeler que vous êtes là pour décrocher et que si vous le souhaitez, vous pouvez même laisser votre téléphone aux bons soins de l’employé à l’accueil. Le déjeuner du matin se déroule également dans le silence. Quel bonheur pour la voyageuse solitaire que j’étais. Bon ce n’était pas trop difficile pour moi de me taire, en plus j’adore le silence (surtout avant mon premier café), mais ça ne semblait pas être le cas pour tout le monde.

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Comme les Augustines ont légué un Patrimoine important, une certaine partie se retrouve exposée dans le Monastère (l’expérience muséale se confond avec celle de l’hébergement). Vous pourrez parcourir librement les installations ou bénéficier d’une visite guidée. La mise en espace est vraiment magnifique.

En conclusion, il me semble important de mentionner que le Monastère des Augustines est un OBNL ce qui est extrêmement rare dans le domaine de l’hôtellerie. Les profits sont utilisés pour offrir des chambres aux parents accompagnateurs d’un malade à l’Hôtel Dieu ou encore pour offrir un répit bien mérité à des aidants naturels qui en ressentent le besoin. En bref, coup de cœur pour le lieu, le concept, l’union du passé et du présent.

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Étant également blogueuse pour le webzine Les Méconnus, je travaille aussi sur un article spécifique sur la gestion de ce projet novateur pour ma chronique : conseil de la semaine. Cette chronique s’adresse aux artistes et aux gestionnaires culturels et diffuse conseils et inspiration pour évoluer dans le domaine de la culture au Québec.