C3 hôtel art de vivre: pour confort, créativité et contraste.

Aujourd’hui, je vous parle d’un véritable coup de cœur à Québec. C’est un hôtel, mais pas n’importe lequel. J’avais remarqué, depuis un certain temps, le cheval doré tranché en deux, qui laisse entrevoir un intérieur rose illuminé, trônant devant l’hôtel C3 art de vivre. Difficile de le manquer si on se rend souvent, comme moi, au pavillon Pierre Lassonde du Musée national des beaux-arts de Québec, son voisin d’en face.

Un tour sur le site web m’avait préparée à un environnement où les arts, (particulièrement les arts contemporains et émergents) sont mis en valeur, mais je n’étais pas préparée à cette impression immédiate d’entrer chez soi. Évidemment, je parle d’un chez-soi magnifié tant le décor est créatif, mais exit l’impression d’être au musée. On s’y sent à l’aise, le personnel est bienveillant, et le bâtiment de 1852 dégage quelque chose d’affable et d’hospitalier. Il y a très certainement beaucoup de Christian Fortier là-dessous, avec qui j’ai eu le plaisir de boire un café.

Il a acheté l’auberge, qui était à l’époque de type bed and breakfast, il y a déjà 12 ans. Rien ne le destinait vraiment à l’hôtellerie. Il était dans l’immobilier et c’est par un concours de circonstances que son agente lui a parlé de l’auberge. Loin d’être convaincu par l’idée, il décide tout de même de visiter le bâtiment, encouragé par sa femme. Le lendemain, il dépose une offre:

« Pas plus que 4 heures et après on se retire », dit-il à son agente.

C’est ainsi que Christian Fortier s’est retrouvé propulsé dans le milieu de l’hôtellerie. Étant néophyte dans le domaine et ne faisant ni une ni deux, il est parti avec son fidèle chien passer quelques mois aux États-Unis.

« J’ai testé le plus de chambres et d’hôtels possibles. Des motels à 30$ aux chambres à 700$ la nuit. »

Il est revenu de son périple avec une solide formation. C’est ensuivi un grand processus de rénovation. Chacune des chambres a été rénovée par Christian, et toutes sont différentes.

On les croirait réfléchies par une horde de designers tant tout a été fait avec goût, soin et souci de préserver le patrimoine bâti. Les murs de pierre sont mis en valeur et côtoient des œuvres d’art résolument contemporaines. Tout a été soigneusement pensé, de la trame sonore qui accompagne le déjeuner à l’espace-terrasse avec foyer sur le toit.

Est-ce que tout ça est terminé? Non, pas du tout, la rénovation des chambres se poursuit et plusieurs œuvres sont toujours sur sa planche à dessin. D’ailleurs, le cheval devant l’hôtel est de lui, tout comme le superbe banc à l’entrée et l’imposant plafond, paré de bandes de tissus diaphanes, de la salle à manger.

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Je ne peux donc que vous recommander de poser vos valises au C3 hôtel art de vivre. Pour les œuvres d’artistes émergeant qui habillent les lieux, pour l’accueil irréprochable, pour la localisation qui pourrait difficilement être meilleure, mais surtout pour l’âme insufflée dans l’endroit par le propriétaire Christian Fortier (et probablement un peu aussi par son gentil toutou). D’ailleurs, vous aurez peut-être le plaisir de les croiser lors de votre prochain passage au C3.

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Wanderlust Tremblant 2017

L’été, il y a les festivals de musique, mais il y a aussi Wanderlust, plus précisément Wanderlust Tremblant! Qu’est-ce que c’est Wanderlust? C’est ce que j’ai demandé à la porte-parole Geneviève Guérard. C’est dans le cadre d’une édition dans le Vermont qu’elle a eu une véritable révélation. Wanderlust se décrit comme un festival transformateur. Geneviève le décrit comme un festival inclusif autour du yoga mais surtout avec un ancrage résolument contemporain. La mission de Wanderlust est d’aider à trouver des repères, c’est un parcours, un désir d’explorer.

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Crédit Wanderlust Festival

La programmation de Wanderlust Tremblant promet une pratique de yoga avec des professeurs de renommée internationale, des aventures guidées, des perfos musicales de haut calibre et des aliments locaux et durables. C’est un peu comme élargir sa vision du yoga en l’amalgamant dans la modernité. Bref, on y recharge ses batteries.

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Crédit Wanderlust Festival

Geneviève Guérard, suite à ce coup de cœur irréversible pour la formule, a par la suite ouvert son studio Wanderlust qu’elle a cofondé avec son associé Éric Giasson. Elle décrit son studio comme un petit Wanderlust à l’année. Elle me disait d’ailleurs qu’elle recevrait Milk and Bone dans le studio bientôt (ça d’ailleurs eu lieu le 18 mai dernier et c’était complet, dois-je vraiment le préciser). Ça veut dire faire du yoga pendant que le band joue? Tout à fait! C’est ça Wanderlust, c’est une vision moderne du yoga.

Est-ce qu’elle faisait du yoga pendant qu’elle pratiquait la danse? Elle aurait bien aimé puisque le yoga a développé chez elle une force centrale étonnante. Du temps où elle dansait, elle était sujette aux blessures causées par son hyperlaxité. Est-ce qu’elle voit un lien entre la danse et le yoga? Ce à quoi elle répond qu’elle s’est tout de suite sentie chez elle dans un studio de yoga.

« J’avais plus envie de la compétition, plus envie des miroirs. »

Ça fonctionne tellement bien qu’elle ouvrira un deuxième studio Wanderlust à la fin de l’été dans Griffintown.

Geneviève Guérard a une énergie contagieuse et il est difficile de ne pas avoir envie de faire partie de cet évènement régénérateur qui mélange art et yoga avec une logique déconcertante. Si on ajoute à cela que le festival se pose dans le cadre enchanteur du village piétonnier du Mont-Tremblant, je ne sais pas ce que ça prend de plus pour acheter son billet maintenant, moi j’ai le mien.

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Les leggings les plus cool de monde parce que made in Québec avec amour par Rose Budhha. 

Wanderlust Tremblant aura lieu du 24 au 27 août au Mont-Tremblant.

Carleton-sur-Mer culturel: au-delà des beaux paysages.

La Gaspésie c’est des paysages à couper le souffle, mais pas que. Des gens y habitent et la culture bouillonne. J’avais envie de vous faire découvrir le côté culturel de Carleton-sur-Mer.

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Installation photographique de l’artiste Fernande Forest

Premier arrêt, le centre d’artistes Vaste et Vagues qui a fait son nid dans Le quai des arts qui abrite également la bibliothèque et une salle de spectacle, des espaces de création etc.  Vaste et Vagues est un incontournable de l’exploration et de la diffusion en art contemporain et actuel de la région.

Lors de mon passage, mon amie et artiste bas-laurentienne Fernande Forest y exposait Souvenance, une installation photographique qui s’avère être un portrait poétique d’Acadiens d’aujourd’hui. Il s’agit d’ailleurs d’un projet qui célèbre le 250e anniversaire de Carleton-sur-Mer.

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Installation photographique de l’artiste Fernande Forest

J’ai également pu admirer le magnifique travail des élèves de l’école Antoine-Bernard.

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Avec l’aide la Rénée Henry, artistes en arts visuels et professeur d’art plastique et de Lysanne Thibodeau, commissaire, les élèves présentent l’expo : Du printemps noir et blanc au flamboyant. L’exposition faite de vire-vent rappelle le passé et le futur de Carleton et s’inscrit également dans la programmation du 250e de la municipalité.

Après l’expo, il faut absolument arrêter à la micro-brasserie Le Naufrageur.

18254605_10154805048708645_115620063_nQuand on fait le tour des micros de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, on se rend rapidement compte que la plupart (pour ne pas dire toutes) sont de véritables lieux culturels. Ils œuvrent autant dans la bière que dans la diffusion de spectacles. Avec pas d’casque s’y produisait d’ailleurs le jour de mon passage.

Jouxtant le parc de jeux pour les enfants (le plus hot au monde, fait dire ma fille). Vous pourrez également admirer la sculpture de Marsel Ritchie qui fusionne homme et oiseaux.

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Pour dormir, direction Manoir belle plage. Les hôteliers se définissent comme des artisans dans leur domaine.

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Implanté depuis une quarantaine d’années dans la région. Ce superbe manoir jaune maïs fait face à la Baie-des-Chaleurs.

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Tout le confort qu’on peut attendre d’un quatre étoiles, mais avec en plus un réel souci de mettre en valeur le travail des artistes de la Gaspésie. Dans les chambres pas de tableaux de grandes surfaces, mais des œuvres d’artistes et d’artisans locaux.

Ici, l’ambiance est au repos à l’état pur. Le Manoir héberge également le restaurant Le Courlieu donc pas besoin de courir bien loin pour se sustenter. Avez-vous d’autres coups de coeur culturels en Gaspésie?

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La Gaspésie, le Finistère du Québec : Carleton-sur-Mer

Il y a exactement un an, je tombais complètement en amour avec Concarneau en Bretagne grâce ou à cause de Robin Doucet et Evelyne Lafleur-Guy, respectivement directeur et administratrice du Salon du livre de Rimouski. Ils ont eu la bonne idée de m’inviter au Salon livres et mers. J’en parle ici d’ailleurs.

Pour les Bretons, on est des cousins. Si tu nages suffisamment longtemps, tu passes du Finistère à la Gaspésie facilement (bon pas si facilement, mais vous comprenez le concept.) Ont dit de la Gaspésie qu’elle est le Finistère du Québec, c’est peut-être la raison pour laquelle je me suis sentie automatiquement chez moi en Bretagne (ça où j’y ai vécu l’une de mes vies antérieures.)

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C’est vrai que la lumière et les paysages de la Gaspésie et dans le cas du présent article, de Carleton-sur-Mer, ressemblent beaucoup à celle de la Bretagne. C’est pratique puisque Carleton-sur-mer est seulement à 2h45 de chez moi à Rimouski contrairement à Concarneau.

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L’odeur eau/plage est inimitable et c’est de l’aromathérapie pure et simple. C’est probablement ce qui me manquerait le plus si je n’habitais pas près de l’eau. C’est l’odeur que je retrouve avec plaisir au printemps. Carleton-sur-Mer exploite magnifiquement son paysage éblouissant. La plupart des commerces on une vue magique sur la Baie-des-Chaleurs.

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L’hostellerie Baie bleue se positionne d’ailleurs très bien dans cet écrin marin. Le pavillon central est connecté au Centre des congrès de la Gaspésie, un projet attendu depuis longtemps dans la région et qui permet l’accueil de réunions, de congrès et de spectacles de qualité comme Half moon run.

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Mon séjour s’est passé dans la tranquillité d’un pavillon quelque peu à l’écart.

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De l’autre côté de la rue, donc carrément directement sur la plage, les suites vacances appartenant à l’hostellerie jouxte une piscine chauffée qui, devinez quoi…ben oui, a une vue sur la baie. Si vous avez faim, le complexe comporte deux restaurants La seigneurie et le Pub St-Joseph.

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Dans les environs, vous pourrez découvrir le Barachois (ces lagunes littorales typiques de la rive sud de la Gaspésie) et monter dans l’observatoire des oiseaux. C’est à ne pas manquer puisque le barachois de Carleton et celui de Saint-Omer pas trop loin, font parties des plus beaux sanctuaires d’oiseaux du Québec

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Carleton fête, cette année, son 250e anniversaire. Beaucoup d’activités y sont au menu et s’inspirent de la riche histoire de la région.

Un peu d’histoire

C’est en 1767 que les premières familles acadiennes se sont implantées sur le rivage d’un lieu nommé Tracadigash. Le joli petit phare rouge de Carleton-sur-Mer est d’ailleurs posé sur la pointe à Tracadigash. C’est vers la fin du 18e siècle que la région prend le nom de Carleton. Saint-Omer, sa voisine, a vécu sa vie pendant plus d’un siècle. À l’automne 2000, la fusion entre les deux municipalités a vu naître Carleton-sur-Mer.

18254569_10154805032503645_1980112327_nSi vous êtes férus d’histoire, je vous conseille fortement ce texte réalisé par L’Écomusée Tracadièche. Pour notre part, ma fille qui aime bien débaptiser les lieux où nous allons a décrété que nous étions à Canterlotte! Pour en savoir plus sur Carleton-sur-mer (Canterlotte) je vous propose de poursuivre de rester à l’affût, je publierai bientôt un article dévoilant le côté résolument culturel de la région.

Trois-Rivières…est-ce que c’est si TRÈS que ça?

L’autre jour, j’étais de passage à Trois-Rivières pour une réunion à Culture Mauricie (bonjour Éric!). Bien que j’ai de la famille à Trois-Rivières, c’est une ville que je connais très peu. Pourtant, elle mérite quand même qu’on s’y attarde. Premièrement, c’est une ville avantageusement positionnée précisément entre Québec et Montréal. Elle jouit également d’une magnifique vue sur le fleuve, depuis son centre-ville. Tout près de la zone portuaire, vous pouvez grimper un magnifique escalier illuminé qui retrace les grands moments du développement de la ville. Cet escalier mène au Platon, un endroit pour admirer la vue de haut et qui, pour l’histoire, fût le premier poste de traite de la ville, installer par Laviolette.

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Ce qui est bien à Trois-Rivières, c’est que plusieurs trucs se font à pied. Le Centre-ville est bien dense et plutôt riche en patrimoines bâtis. Par exemple, la maison Hertel-de-la-Frenière, résidence prisée dans les années 1820 abrite l’EMA (expérience métiers d’arts). N’hésitez pas à y faire un tour, c’est une boutique, une salle d’expo et un lieu d’expérimentation pour les artisans.

Trois-Rivières est également le berceau de la Biennale internationale d’estampe contemporaine qui aura lieu cette année du 18 juin au 10 septembre. Cette biennale est l’une des plus importantes expositions internationales d’estampes au Canada. Le mandat de l’organisme est de rendre compte des tendances dans le domaine et de promouvoir la pratique de l’estampe contemporaine. C’est évidemment un évènement incontournable pour les artistes estampiers.

Si comme moi vous voulez vous rendre à Trois-Rivières pour admirer le travail de ces artistes, je vous suggère de réserver dès maintenant au Oui Go hôtel. En plein quartier historique, à deux pas du vieux port, difficile de trouver mieux.

Encore une fois, le patrimoine bâti est à l’honneur. C’est ici l’ancien édifice Balcer qui a été transformé en hôtel. Ancienne institution financière, nous pouvons encore en admirer l’épaisseur des murs des anciens coffres forts à l’intérieur des chambres.

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Ce qui est bien aussi, c’est que l’hôtel est tout juste à côté de la brasserie artisanale Le temps d’une pinte. Vous pourrez ramper sans peine d’un établissement à l’autre. Vous pourrez y trouver de la bonne bouffe et un éventail de bières rafraîchissantes. J’y ai mangé le meilleur sandwich au thon de ma vie…sérieusement, c’est rare qu’on capote sur un sandwich au thon dans la vie tsé.

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Évidemment, mon passage fut bref, beaucoup trop bref. Il y a plein de trucs à faire à Trois-Rivières et la ville se démarque à mon avis par son centre-ville magnifique. Alors oui, Trois-Rivières est TRÈS cool.

Berlin cool partie 3 : Neukölln

Neukölln, quartier résolument cosmopolite de Berlin (160 nationalités y cohabitent) fût mon port d’attache d’un jour en terre allemande. Ça vous dit vaguement quelque chose? Peut-être êtes-vous fan de Bowie car c’est ce quartier qui lui inspirera la chanson NeuKöln sur son album Heroes (1977). C’est seulement en 1920 (lors de la création du Grand Berlin) que cette région fût annexée à la capitale puisque jusqu’alors, c’était une ville totalement indépendante.

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Après Friedrichshain et Kreuzberg, c’est Neukölln qui se voit devenir la proie de la gentrification. De quartier populaire, il passe à repère hipster. La gentrification a toujours soulevé les passions, et ce dans toutes les grandes villes du monde. D’un côté les locaux voient le prix des loyers exploser, les dépanneurs et cantines laisser la place aux boutiques de niche et cafés de spécialité. De l’autre côté, les nouveaux arrivants y voient un cadre de vie idéal, des loyers moins chers que dans les quartiers déjà embourgeoisés et un univers infini de possible.

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Est-ce que l’embourgeoisement urbain est unilatéralement négatif? Pas si la mixité est encadrée par une surveillance de la hausse des loyers et l’investissement dans les logements sociaux. Est-ce que NeuKölln a réussi le pari d’unir les classes? Bonne question.

Entre 2007 et 2010 les prix des loyers ont grimpé de 23% dans le quartier. Au même moment est créé le Hipster Antifa NeuKölln, un groupe de résistance pour tenter d’ouvrir le dialogue entre communautés locales et nouveaux arrivants.

Particulièrement sensible à ces questions, je garde toujours l’œil ouvert quand je visite un quartier. J’aime voir si les classes cohabitent, si l’institution de quartier réussit à cohabiter avec l’antiquaire à moustache et à grosses lunettes.

Berlin a adopté une loi pour amoindrir les effets de l’embourgeoisement des quartiers. Dans les zones protégées de NeuKölln, les propriétaires ne peuvent pas fusionner deux appartements pour en faire un grand loft, ils ne peuvent pas non plus rénover les cuisines et les salles de bain de manière trop luxueuse ou encore louer leurs appartements de manière saisonnière à des touristes. Cette loi « milieuschutz » se traduit par le désir de protéger l’environnement social.

Pendant ma brève visite, j’ai en effet pu remarquer que repères hipster côtoient commerces plus modestes. Je me suis sentie comme dans tous les quartiers qui vivent les balbutiements d’une gentrification dans une espèce d’entre-deux tendu.

J’ai posé mes valises dans le plutôt cool Hüttenpalast (difficile de faire plus hipster). En 2008, un groupe d’amis transforme une usine désaffectée en hôtel en y installant des caravanes.

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L’univers industriel et la décoration brocante composent un mix très intéressant. Le service est super et bien que l’endroit grimpe en popularité les prix sont plus qu’abordables (j’ai payé 60 euros).

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Ma fille, pas trop certaine au début, a finalement élu le lieu « plus cool hôtel de Berlin ». De mon côté, j’ai trouvé que l’expérience en valait la chandelle. Par contre, il faut se sentir ouvert à des installations de type auberge de jeunesse (douches communes, espaces de vie communs) et ne pas avoir le sommeil trop léger (une roulotte s’est pas tant insonorisée).

NeuKölln est définitivement un quartier à visiter (dans le respect des populations locales sivouplait) pour découvrir le Berlin moins touristique ou pour vous magasiner une robe de marié…mettons originale.

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Mon préféré pour voyager léger.

Vous vous souvenez de mon défi du mois de mars. Vivre uniquement dans les vêtements versatiles Mon préféré. Neuf pièces transformables au total (un foulard, une tunique duveteuse, une robe blanche, une tunique style kimono, un leggings noir, un une pièce noire, un chandail noir, une jupe réversible et une camisole réversible. Les vêtements Mon préféré répondent à mes critères les plus élevés. Ils sont designs, transformables, dessinés et fabriqués au Québec dans des tissus biologiques. Difficile de faire mieux ou plus. Maintenant, pourquoi j’ai eu envie de faire ce défi et pourquoi j’en parle dans le présent blogue.

1 : Pour moi la mode des créateurs, fait avec soin dans des valeurs de développement durable, de consommation locale, relève de la culture. Plusieurs artisans ont une démarche de création et leur pratique peut s’approcher des Métiers d’arts.

2 : Je voulais voyager avec le moins de vêtements possible afin de faciliter mes déplacements et réduire mes coûts en n’ayant pas à débourser pour des extra bagages.

Dans ce fameux mois de mars, je me suis rendue pendant 15 jours à Berlin, Copenhague, Hambourg et Oslo. J’ai aussi eu plusieurs rencontres avec des partenaires du Conseil, j’ai même donné une entrevue à la télé de Radio-Canada. Donc, est-ce que j’ai réussi!

Presque! Comme je possédais la collection de printemps de la marque, j’ai dû ajouter un chandail col roulé noir pour un peu plus de chaleur et une longue camisole/robe noire que je glisse souvent sous mes vêtements comme couche de base. Donc je repose la question, est-ce que j’ai réussi? Oui!!! Je porte encore les vêtements tous les jours, je n’ai plus envie de les quitter. C’est si simple de les agencer et de créer des ensembles différents à l’infini et pour toutes les occasions. Mon seul regret est de ne pas m’être procuré le t-shirt blanc de la marque…Je vais pallier à cette bévue terrible dès que possible.

Un peu de mathématique

La jupe = jupe noire, jupe rayée, robe soleil noir, robe soleil rayée

La camisole = camisole noire, camisole rayée

La robe = Robe attachée devant, robe attachée derrière, petite veste

Le kimono = un kimono, une jupe, une veste

La tunique duveteuse

Le foulard duveteux =Un foulard noir, un foulard beige, une jupe noire, une jupe beige

Le legging noir

Le chandail noir à manche ¾

Le one-piece = Un one-piece noir sous le genou, un pantalon large long.

Total : 9 vêtements = 21 vêtements (c’est fou!!!!)

Tout est si confortable et les tissus si doux qu’ils sont un peu trop difficiles de les enlever le soir venu. Il m’arrive même de dormir dans certains morceaux. Je vous laisse donc avec un diaporama de mes différents ensembles. Un gros merci à toi Nathalie Chenel de faire un travail si magnifique et essentiel!

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Dormir dans un monastère

Aujourd’hui je vous ramène au Québec dans un endroit qui combine hôtellerie, restauration, culture, patrimoine religieux, musée et santé globale. En plein cœur de la capitale, je vous transporte dans l’univers du Monastère des Augustines.

Un endroit fantastique qui a piqué ma curiosité de travailleuse culturelle, mais également d’étudiante à la maîtrise en gestion de projet (oui je sais, je collectionne les maîtrises). Je travaille depuis quelques années sur un mémoire sur l’adhésion des parties prenantes à un projet d’infrastructure culturel en étudiant le cas de la Coopérative Paradis (organisme que j’ai dirigé pendant sept ans).

Je m’intéresse particulièrement à la diversité de partenaires qu’il faut convaincre pour réaliser un projet culturel au Québec. Dans le cas du Monastère des Augustines, c’est d’autant plus intéressant que l’échafaudage du projet implique les gouvernements, mais également les sœurs de la communauté des Augustines.

Pour l’histoire

Le 1er août 1639, trois jeunes femmes provenant de France s’installent à Québec. Elles y sont dépêchées par la duchesse d’Aiguillon pour y établir un hôpital. Elles y soignent les autochtones et les rares colons de l’époque. L’Hôtel-Dieu de Québec devient alors le premier hôpital de toute l’Amérique, au nord du Mexique. La communauté a ensuite progressé pour compter dans les meilleures années près de 800 sœurs. Elles sont les fondatrices de 12 monastères-hôpitaux qui ont désormais tous intégré le système de santé actuel. Elles étaient donc gestionnaires d’hôpitaux, infirmières, pharmaciennes et bien plus. Elles étaient semi-cloîtrées, c’est-à-dire qu’elles rencontraient les malades, les familles, les docteurs dans leurs fonctions à l’hôpital, mais étaient cloîtrée dans leur vie monastique (d’où la construction en L du bâtiment qui les préservaient de la vue des fidèles dans le chœur de la chapelle.)

Femmes de vision, il y a une vingtaine d’années les Augustines se sont questionnées sur le futur de leur communauté. Elles ne sont maintenant plus que 11 à loger dans un espace qui leur est dédié au Monastère. Face à la diminution et au vieillissement des membres de la communauté, les Augustines ont pris la décision de confier leur patrimoine culturel à la société québécoise. Elles ont donc créé La Fiducie du Patrimoine culturel des Augustines. La fiducie qui a un statut d’organisme de bienfaisance est propriétaires des actifs, mais aussi les gardiens des intentions de la communauté.

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Pour avoir moi-même travaillé activement au développement du projet de relocalisation de la Coopérative Paradis, passée à travers trois accords de principe du gouvernement provincial, négocié avec le palier municipal et fédéral, je m’incline bien bas devant l’incroyable projet qui résulte de la vision et de l’ouverture d’esprit de ces femmes. C’est plus de 1200 modifications qui ont dû être faites en cours de projet. On parle de patrimoine, mais qui commence à creuser dans un secteur si riche en histoire risque d’y trouver aussi des artéfacts. Trouver de tels trésors demande l’arrêt des travaux et la sécurisation du site.

Bref tout un tour de force. En plus de l’incroyable intégration de l’ancien monastère à une architecture plus moderne, vous aurez le choix entre les chambres authentiques et contemporaines. Les chambres authentiques sont les chambres anciennement occupées par les Augustine, conservées dans leur état initial (mis à part les matelas et la literie) et vous donnent accès aux salles de bain privées sur l’étage. Les chambres contemporaines elles, sont dotées de salles de bain modernes.

Le Monastère prône la relaxation et la santé globale. C’est pourquoi vous retrouverez un programme quotidien d’activités comme le yoga, des conférences, de la relaxation guidée, etc. Ne cherchez pas le code du WIFI dans votre chambre. Vous devrez le récupérer à la réception sur un petit carton qui ne manque pas de vous rappeler que vous êtes là pour décrocher et que si vous le souhaitez, vous pouvez même laisser votre téléphone aux bons soins de l’employé à l’accueil. Le déjeuner du matin se déroule également dans le silence. Quel bonheur pour la voyageuse solitaire que j’étais. Bon ce n’était pas trop difficile pour moi de me taire, en plus j’adore le silence (surtout avant mon premier café), mais ça ne semblait pas être le cas pour tout le monde.

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Comme les Augustines ont légué un Patrimoine important, une certaine partie se retrouve exposée dans le Monastère (l’expérience muséale se confond avec celle de l’hébergement). Vous pourrez parcourir librement les installations ou bénéficier d’une visite guidée. La mise en espace est vraiment magnifique.

En conclusion, il me semble important de mentionner que le Monastère des Augustines est un OBNL ce qui est extrêmement rare dans le domaine de l’hôtellerie. Les profits sont utilisés pour offrir des chambres aux parents accompagnateurs d’un malade à l’Hôtel Dieu ou encore pour offrir un répit bien mérité à des aidants naturels qui en ressentent le besoin. En bref, coup de cœur pour le lieu, le concept, l’union du passé et du présent.

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Étant également blogueuse pour le webzine Les Méconnus, je travaille aussi sur un article spécifique sur la gestion de ce projet novateur pour ma chronique : conseil de la semaine. Cette chronique s’adresse aux artistes et aux gestionnaires culturels et diffuse conseils et inspiration pour évoluer dans le domaine de la culture au Québec.

La culture est-elle victime du phénomène de mort kilométrique?

Dans un texte sur le Festival REGARD publié le 23 mars dans Urbania, Lucie Piqueur titrait Saguenay, quelqu’un aurait pu me le dire avant, que c’était si bien! Je pouvais difficilement être plus en accord avec son titre. Suite à sa conclusion élogieuse :

« Sérieusement, Saguenay: 10/10. T’es belle, ton monde est smatt, ta bière est bonne, ton festival de courts-métrages est incroyable et, grâce à toi, je n’ai plus le coeur gros. Je m’en veux de t’avoir ignorée si longtemps et je vais revenir, c’est sûr. »

J’avais envie de répondre, tu as totalement raison, mais ce n’est pas de ta faute. Pourquoi nous connaissons si peu notre Québec culturel et j’oserais même avancer notre Québec tout court! Ici je ne parle pas uniquement des Montréalais qui arborent souvent plus qu’ils ne le pensent le titre d’insulaire, mais de chacune des régions du Québec qui sont isolées médiatiquement. Je m’en rends encore plus compte depuis que je siège au Réseau des conseils de la culture du Québec. Je vois à quel point il est difficile de savoir ce qui se passe « hors métropoles ».

Qui sait que l’Abitibi a été le siège d’un colloque en 2012 sur l’utilisation des technologies numériques dans le milieu des arts et de la culture et qu’il est le berceau d’un des festivals de musique émergente des plus enthousiasmant (FMEAT)? Qui sait que le premier Conseil de la culture au Québec est né au Bas-Saint-Laurent et qu’il y a un living lab et un fab lab en devenir à Rivière-du-Loup? Qui sait qu’en Mauricie en 2010, il y a eu un grand projet en tourisme culturel d’expérience, une première au Québec. Qui connaît le festival international de cinéma et d’art de Percé : Les Perséides? Même la Capitale a de la difficulté à faire rayonner ses évènements culturels. Tout le monde devrait connaître : où tu vas quand tu dors en marchant.

Bon vous vous imaginez bien que je pourrais continuer pendant des heures… En journalisme, ont parle de mort kilométrique pour parler du phénomène qui donne à une information plus ou moins d’importance selon la proximité géographique avec le lecteur. Pourtant la sensation de distance tend à diminuer avec la découverte de son environnement. Monique Savoie directrice de la Société des arts technologiques disait en conférence que le véritable défi, à notre époque, n’est plus la distance, mais les fuseaux horaires, je suis d’accord avec elle.

Plus de 4 millions de la population du Québec se trouvent dans le Grand Montréal. C’est donc la moitié de la population de la province qui y habite. Ça, personne ne remettra ça en doute. Ce qui peut être questionné par contre c’est de présumer d’emblée que les gens sont intéressés uniquement à ce qui se passe dans leur quartier ou à distance de métro de chez eux. Je suis née à Rimouski et j’y habite toujours ce qui ne m’empêche pas de sillonner le Québec pratiquement chaque semaine. Je m’intéresse évidemment à l’actualité culturelle de Montréal, mais j’aimerais bien aussi savoir ce qui se trame sur la Côte-Nord, en Gaspésie, en Mauricie, en Montérégie! L’actualité culturelle nationale devrait faire un petit tour d’hélicoptère au-dessus de son île pour voir que le Québec est grand. Si par chance vous attrapez un petit bout de région dans les médias il y a fort à parier que c’est pour apprendre une fermeture d’usine, des mises à pieds, une baisse démographique où je ne sais quoi d’autre de déprimant.

Le Québec grouille culturellement et c’est vraiment enthousiasmant. Oui au téléjournal régional en incluant MTL qui a le droit au sien puisque c’est aussi une région à ce que je sache. Mais soyons donc collectivement un peu plus visionnaires. Si nous entendions parler du Québec en son entier au quotidien dans les journaux, les magazines, à la télé, probablement que notre sentiment d’appartenance à ce Québec s’amplifierait. Nous arrêterions de voir la Gaspésie comme une contrée lointaine et exotique, mais bien comme une ressource extraordinaire, une région dans laquelle il faut investir massivement puisqu’elle fait partie de nos forces et entretient l’un des plus beaux panoramas au monde.

Et à l’instar du Saguenay, le Québec est beau et smatt et on devrait avoir honte de l’avoir ignoré médiatiquement si longtemps.

Le spectre d’Hubert Aquin et Oslo initiatique

Mon voyage vers Oslo (un peu sur un coup de tête, puisque je devais initialement passer une semaine à Hambourg chez futur mari de meilleure amie) avait aussi un petit quelque chose du pèlerinage.

Je traîne avec moi un mémoire de maîtrise inachevé sur Neige noire d’Hubert Aquin, auteur que je trouve fort méconnu au Québec. D’ailleurs, je vous suggère le visionnement du documentaire Deux épisodes dans la vie d’Hubert Aquin, disponible sur le site de l’ONF, pour le découvrir. Son livre le plus connu est Prochain épisode, mais celui qui ma renversée est Neige noire. Ce roman raconte l’histoire de Nicolas (scénariste), de son amour torturé pour Sylvie, de leur voyage en Norvège et du scénario qui s’écrit en simultané de notre lecture. Je pourrais évidemment vous en parler sur des centaines de pages (genre l’équivalent d’un mémoire pas fini), mais je dirai que ce roman a véritablement bouleversé quelque chose dans ma vie, dans mon processus de création et dans ma démarche artistique en tant qu’auteure/scénariste.

Donc une grande portion du roman se déroule en Norvège et cette destination a toujours été au top de ma liste. Pas parce qu’Aquin y plante le décor d’une histoire tordue (loin de là), mais comme un lieu presque mythique! Aussi un peu pour me prouver que je suis capable d’aller aussi loin que je veux (du moins géographiquement parlant). J’ai donc vraiment eu une forte émotion en apercevant la Norvège du hublot de ma chambre sur le DFDS.

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« La mer de Barents ressemble à un champ de coton dont les fleurs, en l’espace de quelques milles marins, se mettent à éclore de partout et en même temps. Neige noire, Aquin »

 Il vaut vraiment la peine de choisir une chambre cabine avec vue sur l’eau, économiser sur autre chose, mais pas là-dessus. Ma fille était plutôt déçue en apercevant les téléviseurs des chambres sans vue sur la mer, mais bon…

En arrivant à Oslo, l’architecture de l’Opéra frappe l’œil et aiguise la curiosité. L’architecture a été pensée pour qu’on puisse y grimper.

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On peut littéralement déambuler sur le toit. Chose qui, contrairement à la vue de notre cabine, à fortement impressionnée fillette.

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Les inclinaisons dans la surface de marbre du toit de la structure sont l’œuvre des artistes norvégiens Kristian Blystad, Kalle Grude et Jorunn Sannes. Les garde-corps minimalistes s’intègrent pour ne pas polluer le visuel de l’expérience.

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Ce type de bâtiment ne serait probablement même pas aux « normes » québécoises. Les Norvégiens, de même que les Danois et les Allemands, font visiblement plus confiance à l’intelligence humaine que nous.

L’opéra qui est tout juste aux abords du fjord dévoile à la fois la vastitude marine et ses cygnes glissant paisiblement sur l’eau, mais est aussi à quelques pas du centre-ville.

Ma visite d’Oslo fut définitivement trop brève, j’ai fait quelques pas près de la forteresse d’Akershus dont la construction s’est échelonnée de 1299 jusque dans le courant du XIVème siècle.

J’ai aussi eu le temps de manger un smorrebrod dans un café et de dénicher le manteau avec les plus grandes poches possibles pour pouvoir stocker ce qui ne rentrait pas dans mon micro bagage de cabine de compagnie aérienne low-cost. Bref j’y retournerai sans l’ombre d’un doute

Le plus étrange, c’est qu’à mon retour, par le plus grand des hasards, puisque je suis complètement nulle avec les dates, j’apprenais que le 15 mars était la date anniversaire de la mort d’Aquin. Il y a quarante ans très exactement, il s’était enlevé la vie. Moi … exactement 40 ans plus tard, à l’instar de Sylvie et Nicolas, je voguais vers la Norvège…